Vigne… vigne…


Ils se promenaient sur le chemin, sous le soleil écrasant de la fin d’été, elle un chapeau de paille sur la tête, lui une simple casquette. Ils s’en allaient à l’aventure, sacs au dos, et gourdes en bandoulières, ayant comme seul but celui de mettre un pas devant l’autre et de trouver un endroit agréable où passer la nuit.

Chaque pas se faisait plus pesant, l’ombre de plus en plus courte. La sueur perlait leurs fronts mais ils gardaient le sourire, les yeux obstinément fixés sur l’endroit où ils allaient mettre les pieds. Parfois, ils se disaient un mot : « ça va ? on continue ? » et le hochement de tête de l’autre l’incitait à continuer. Les grillons chantaient à tue-tête sur le chemin et quelques oiseaux planaient au-dessus de leur tête. Les pierres du chemin étaient chaudes et les fleurs offraient leur parfum et leur beauté.

Puis ce fut l’heure de se poser, afin de se restaurer un peu. Elle chercha un arbre pour se mettre un peu au frais, sortit le plaid et l’étala à l’ombre des grands pins. Elle s’assied pendant que lui cherchait les sandwichs et des bouteilles d’eau fraîche au fond de leur sac isotherme.

Le paysage qui leur était donné de voir était magnifique : le vert des grands pins s’alliaient parfaitement au jaune paille de l’herbe, complètement brûlée par le soleil. Un peu plus loin, leurs yeux furent attirés par une tâche de couleur : du rose ! Et même du doré mêlé à du vert…

L’endroit était tout à coup bien moins sauvage qu’ils ne l’avaient imaginé ! A quelques dizaines de pas devant eux se trouvait un champ de vigne. Chaque cep était parfaitement aligné avec chaque autre cep, un vrai concept de géométrie ! Et devant chaque rangée de ceps, se trouvaient des rosiers qui donnaient encore quelques magnifiques roses d’une couleur rose tendre au cœur jaune, ou de couleur pastèque…

L’envie de goûter ce raisin fut plus forte que celle de profiter d’un moment de repos.

Paradoxalement, le champ de vigne était tellement délimité qu’il n’y aurait guère eu besoin de clôture. Le propriétaire avait juste mis tout autour une petite haie d’épineux, sans doute pour éviter aux chevaux du pré voisin de venir piétiner les allées si parfaitement ordonnées.

Elle, devant la difficulté d’entrer, se résigna à seulement désirer ces belles grappes dorées. Mais lui s’obstina et réussit à se frayer un passage. Du moins, le pensa-t-il, car à ce moment-là, une ronce tout à fait inopportune fit son apparition, lançant ses épines sur les jambes et les bras de l’homme. Puis ce fut une deuxième, puis une troisième… Toute une armée de ronces semblait surgir de cette haie pour protéger les raisins de tout envahisseur dégustateur.

Il dut se résigner à son tour, et fit demi-tour, bravant à nouveau les épines des ronces.

Près de sa belle, il ne put s’empêcher de se retourner vers le champ de vigne à nouveau si beau, si angélique et lui dit d’un ton rageur : « Vigne ! Vigne ! Tes raisins ne m’auront servi à rien, ils sont peut être savoureux, ils ne profitent pour autant à personne. Comme on entre dans ton enclos, on en sort… »

Elle ne put s’empêcher de rire au vu de son air déconfit et des zébrures qui lui parcouraient le corps, et après l’avoir soigné (car elle avait un cœur charitable, mais oui !), elle lui dit :

« La morale de cette histoire est parfois qu’un secret est bien protégé, tel celui du Sauternes qu’il ne fallait pas approcher ici et aujourd’hui, et que ce secret vaut bien quelques égratignures… »

Peut-être s’y sont-ils mal pris afin d’avoir quelques grains…Il aurait juste suffit… Comment vous dire ? La fée du vignoble veillait…

Si elle ne supporte pas que les humains viennent grappiller, elle accepte volontiers de donner quand ils prononcent cette formule magique : « s’il vous plait », et même de donner à n’en plus vouloir.

Et si jamais vous vous demandez encore pourquoi des rosiers devant chaque rangée, ce n’est pas parce que la fée du vignoble aime les fleurs. C’est tout simplement parce que les rosiers attrapent la même maladie que les ceps, et qu’ils y sont sensibles avant même les vignes, ce qui permet à tout viticulteur sensé de ne traiter que lorsqu’il y a besoin. Bien plus efficace qu’une fée !

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Pssit : comme vous êtes encore enfants ! Vous croyez toujours aux fées et aux armées de ronce ? Rires

Quel temps fait-il chez moi ?

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