Citation du jour : le choix d’A.Van Stappen


“On a toujours le choix entre son mental et son cœur pour renforcer sa souffrance ou développer sa sagesse.”
Anne van Stappen

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Je ne peux pas, je n’y arriverai pas


Il est parti, je ne le crois pas… Il est parti vivre dans un ailleurs où je ne suis pas, parti dans ses illusions, que sais-je ? Mais là, ce que je vois, c’est qu’il n’est plus là. Il est parti, et mon monde à moi s’effondre sous mes pas, je ne sais plus, je dois rêver, il reviendra… Il faut qu’il revienne.

Faire ma journée comme si de rien n’était, occuper mes pensées à mes tâches quotidiennes, pour oublier, pour noyer ce vide, ce silence qui m’attend, qui m’habite.

Je ne peux pas y arriver… Vivre toute cette vie sans lui, c’est impossible…

Il est parti… J’ouvre la porte, ça résonne, il manque son ordi, sa chaîne et ses bouquins, il manque lui et tout manque : la place est vide, tout est vide, il ne reste rien, puisqu’il n’est pas là.

Je n’y arriverai pas, trop de manques en moi, mon cœur qui continue de battre comme un tambour, et qui l’appelle, tout le temps, tout le temps. Je suis une coquille qui dit « bonjour, ça va », une coquille remplie de vide, et je tourne en rond, parce que je ne sais pas quoi faire, parce que mon quotidien est chamboulé, parce qu’il n’est pas là.

Je suis une coquille remplie du manque de lui, ce manque prend toute la place et s’étend même aux souvenirs, chaque chose, chaque pensée me ramène à lui.

Je ne peux pas, je ne veux pas continuer de vivre si je ne suis que manque et vide. Je n’y arriverai pas. C’est trop de souffrance.

Chaque jour est le même que la veille, « bonjour ça va », et c’est tout. Je n’arrive à rien faire, ça ne sert à rien tout ça et ça fait tellement souffrir.

Je ne peux plus vivre normalement, c’est un fait établi, je ne connais que souffrance et manque, le bonheur est parti si loin de moi qu’il ne viendra plus jamais me voir. Le bonheur est parti avec lui.

Ce matin, un rayon de soleil fait son apparition, ça fait déjà deux mois qu’il est parti… Deux mois ?

J’ai changé les meubles de place, mais j’ai gardé sa photo, je voudrais qu’il revienne, même me dire « bonjour, tu tiens le coup ? » Parce que non, je ne tiens pas, le manque et le vide sont toujours là, présences quotidiennes somme toute rassurantes. Oui, ça me rassure, ce manque et ce vide… ça veut dire que je ne suis pas morte, pas encore. Pourquoi, mais pourquoi est-il parti ?

Je ne peux pas vivre, je ne le pourrais plus…

Ce matin, je m’étire, il fait beau, j’ouvre ma fenêtre et regarde le monde s’agiter dehors, je souris en pensant que je devrais me dépêcher, parce que je vais finir par me mettre en retard. Je mets la radio pour écouter les infos. Tiens ? Elle est sympa cette chanson… Dommage qu’il ne soit pas là, je suis sûre qu’il l’aurait aimée…

Les journées sont longues, interminables, mais heureusement car elles m’occupent la tête, mais une réflexion d’une collègue sur son mari râleur et me voilà qui plonge dans mon manque. On s’habitue au manque et à la douleur, je ne le savais pas. Ce sont des compagnons d’infortune et sont moins lourds qu’on ne se l’imagine.

Six mois ce matin que tous mes matins sont remplis de solitude, de froid, d’habitudes nouvelles. Je me traîne jusqu’à la salle de bains, prend une douche bien chaude. Je mets de la vapeur partout sur le miroir. Je passe la main dessus pour voir mon visage et je ne peux m’empêcher de sourire : je lui ai piqué son geste !

J’ai souri ? Peut-être que je peux y arriver, alors ? Peut-être que je peux le faire… Vivre sans lui sans souffrir ? Non, le manque revient aussitôt…

Non, je n’y arriverai pas. Je ne le peux pas.

Six mois et demi… Je prends mon parfum préféré, fais un pschitt devant moi et traverse le nuage de parfum. Qu’est ce que ça fait comme bien ! Quel plaisir… J’avais oublié… et cet oubli me fait sourire. Je m’ausculte : ce n’est pas normal, j’ai pensé le mot bien ? J’ai apprécié ce moment ? J’ai souri, encore ? Alors, je vais mieux ?

Je peux le faire, oui, je peux le faire, vivre ma vie, juste la mienne. Me retrouver, être de nouveau moi-même, avec une fêlure en plus, mais pas une brisure… Mon cœur a tenu le choc, c’est incroyable, c’est fou même.

« Bonjour, ça va ! ça va même bien ! » mais je replonge encore, le monde me parait si triste, si gris, sans couleur, fade, sans intérêt… Jusqu’à ce que je vois un bouton s’ouvrir sur une fleur merveilleuse, jusqu’à ce que je vois une amie et que je ris comme une écolière pour des bêtises, pour des riens, comme avant…

Oui, je peux le faire, et je le fais ! Je suis presque guérie, je le sens, je le vois… Je peux vivre à nouveau, je vois le soleil et sens sa chaleur… Je m’émerveille devant une étoile qui scintille…

Je suis vivante !

Je suis VIVANTE !

mariessourire

Pensée du jour


“Il ne nous est pas demandé d’être forts aux moments de souffrance. On ne demande pas au blé d’être fort quand on le broie mais de laisser le moulin en faire de la farine.”

Madeleine DELBREL

 

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Quel temps fait-il chez moi ?

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