Le manège infernal


A pas menus, il marche dans la cuisine, semblant être plongé dans une grande réflexion. Il s’interrompt brusquement, fait demi-tour, et repart à petits pas. Arrivé à la porte, il met la main dans un dernier effort sur la poignée. Il s’immobilise, le cœur battant. Quelques gouttes de sueur perlent sur son front. Il n’ose plus bouger. De loin, sa silhouette ressemble à une statue, comme celles qu’on peut voir à Pompéi. Pas un mot, pas un geste. Seul son souffle le trahit.

Il se ravise, fait marche arrière. Il continue son manège un certain temps, contournant la table de la cuisine toujours de la même façon, exécutant son rituel de la même manière, dans le même temps. C’est toujours troublant de le voir agir ainsi, même pour moi qui le regarde depuis un moment.

Soudainement, il se tourne vers la fenêtre. Il m’a vu l’observer. Son regard me pénètre jusqu’à l’intérieur, fouillant jusqu’au fond de mon âme. Il est à la recherche de la réponse, de sa réponse.
Passivement, je me laisse faire. Cela fait partie du chemin qu’il a à faire seul.

J’esquisse un léger sourire mais il se détourne, lassé, dépité. Il repart dans son manège infernal, sans cesse. Parfois il ralentit, effleure sa tasse de café avec délicatesse. A ce moment-là, il lève les yeux vers moi, guettant un encouragement de ma part.

Mais je ne peux le faire. Je reste là, à l’attendre dehors, sans impatience. Il faut du temps pour que l’oisillon casse sa coquille pour sortir de l’œuf. Il lui faut de la force et nul doute qu’il en aura ! Je l’attends, c’est tout. Je serai là pour ses premiers pas dehors. Cela fait déjà si longtemps… J’ai cessé de compter. Cela ne sert à rien. Patience, patience, son jour viendra.

Une once de tristesse vient atteindre mon cœur quand je le vois repartir pour une série de demi-tours. Parfois le découragement m’envahit. Dans ces moments-là, j’ai envie d’ouvrir cette satanée porte pour aller le secouer, pour le pousser dehors, au soleil !

Mais chaque fois que j’ai essayé, il est reparti plus loin, ne s’approchant plus de la porte. Il la regardait avec effroi comme si elle allait l’aspirer et l’emmener vers un néant infini… Même un sourire le renvoie dans sa prison !
Sur son visage, s’abattent la tempête de la colère, le vent du désespoir et là s’inscrit aussi la face cachée de la souffrance, celle qui déforme les doux traits de son visage. Il ne voit plus rien, n’entend plus rien. Il s’asseoit par terre, se prend la tête dans les mains et se berce dans une lente ondulation apaisante. Les larmes ne coulent pas. Elles seraient pourtant tellement libératrices !
Puis il se lève, et recommence à tourner dans sa cuisine, s’approchant à chaque tour un peu plus près de la porte. Et quand il ose mettre la main sur la poignée, il est déjà plus droit, moins triste. Mais quand sa main retombe le long de son corps, ses épaules se voûtent aussitôt, portant un lourd fardeau.

Aujourd’hui, je suis sûre qu’il va oser ouvrir la porte ! Parce qu’à chaque tour, il met sa main sur la poignée et que ça, il ne l’a encore jamais fait ! Parce qu’il me semble moins triste… Parce qu’il m’a regardé si souvent…
Mais le jour décline. Et avec lui, la nuit se rapproche vite ! La nuit, il se pelotonne sous son plaid, sur le canapé du salon, laissant la télé allumée pour conjurer ses angoisses.

Le soir est tombé si vite qu’il me prend par surprise. Je soupire. C’est donc raté. Je tourne le dos à sa porte, à lui, à sa vie. Je repars, mais c’est pour mieux revenir demain. Je me sens si lasse ce soir. Moi aussi, j’aimerai des bras douillets pour me réconforter. Moi aussi, j’aimerai une main dans la mienne pour me donner confiance.
Moi aussi, je suis enfermée dans sa prison, cette cage aux barreaux dorés dont nul n’arrive à s’échapper. Moi aussi, je voudrais m’en libérer.

Je fais un pas vers ma maison, vers ma vie. Puis un autre. Le découragement me cueille. Je n’arriverai pas à le faire sortir. Je ne suis pas de taille à lutter. Me dire que j’abandonne, que je baisse les bras, oui, j’en ai bien envie. Mais au fond de moi, une petite voix m’exhorte encore et encore à la patience, à l’espoir. Je baisse la tête : comment y croire ? C’est alors que je sens une main tremblante sur mon épaule. Je me retourne. C’est lui ! C’est sa main ! Il a réussi à briser sa carapace… Une larme coule le long de ma joue.
Il me dit de ne pas pleurer, mais c’est de joie qu’elle coule, de joie et de bonheur !
Cette nuit est une nuit extraordinaire, et le jour qui arrive, un nouveau jour pour une nouvelle vie !

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Il était une fois deux amis qui…


Deux amis vont en camping. Ils installent leur tente dans une clairière et se couchent pour dormir. Quelques heures plus tard, l’un d’eux réveille l’autre et lui dit :
– Regarde dans le ciel et dis-moi ce que tu vois.
– Des millions d’étoiles !
– Et qu’est-ce que ça veut dire, selon toi ?

L’ami interprète la question un instant et dit :
-Ben, astronomiquement parlant, cela veut dire qu’il y a des millions de galaxies et des milliards de planètes dans le vaste espace. Astrologiquement, cela me dit que Saturne est en Verseau. Pour l’heure, je dirais qu’il est quatre heures du matin. Théologiquement parlant, il est évident que Dieu est tout puissant et que nous sommes petits et faibles. Météorologiquement, il semblerait qu’il fera très beau demain.

Après s’être fait dévisager par son ami pendant quelques minutes il reprend :
– Quoi, qu’est-ce que j’ai dit de mal ?
– Pauvre idiot va ! Ça veut simplement dire qu’on s’est fait voler la tente !!!

la photo du jour : le vieux bateau


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C’était un bateau abandonné, il était seul, il était vieux, il était en mauvais état. Il se plaignait beaucoup : de son bois qui craquait quand la marée montait, de la houle, du vent,… Tout était prétexte à se plaindre.

Mais voilà qu’un jour, un petit garçon, Tomas, vint jusqu’à lui. La bateau ne souffla mot, tout juste s’il a gémi quand il est monté dans la cabine. Et voilà l’enfant qui se met à la barre, s’imaginant pirate corsaire dans les hautes mers, ou encore affrontant la plus grande tempête jamais existée dans ce monde, se prenant pour le meilleur marin qui existait sur terre.

Tomas revint toutes les semaines, le mercredi après-midi. Le vieux bateau se sentait rajeunir. Il vivait avec l’enfant toutes les belles histoires qu’il inventait, se prenait au jeu quand il barrait “à bâbord toute”, se penchant pour créer l’illusion qu’il voguait encore. Le vieux bateau se surprit à attendre son capitaine courageux, comme il le surnommait.

Mais un jour, Tomas ne vint pas. De nombreuses semaines passèrent sans qu’il eut l’occasion de vivre de nouvelles histoires trépidantes. Le soleil était de plomb, la chaleur étouffante. Le vieux bateau se mit à se languir, si fort que quelques planches s’écartèrent et qu’il commença à prendre l’eau. Pas beaucoup, au début, ce ne fut que quelques gouttes, puis, avec le temps, les gouttes se firent plus grosses, et encore plus grosses. Le vieux bateau avait cessé de compter les jours. Tomas ne reviendrait plus jouer dans ses entrailles. Quel vieux fou avait-il été de croire qu’il pouvait encore se rendre utile !

Quelques années plus tard, un jeune homme brun aux yeux bleus, en tenue de marin, s’approcha l’air ému du vieux bateau. Il passa sa main sur son flanc avec tendresse. Il fit tout le tour du bateau et vit l’état de délabrement dans lequel il était. Il tapota le vieux bateau et lui dit tout bas : “je vais revenir, mon ami, je ne te laisse pas tomber !”

Deux jours plus tard, il vint avec une remorque, le sortit de l’eau et lui redonna une nouvelle jeunesse. De blanc et de bleu repeint, il se dresse fièrement à présent, bravant avec courage les forts vents comme les doux clapotis. Son capitaine est un maître attentionné, son nom est… Oui, vous l’avez deviné, son nom est Tomas.

La force de l’amour


Une route de campagne la nuit, une voiture qui roule sous la pluie.
Au volant un homme, assise à ses côtés une petite brunette. Ce sont deux êtres qui s’aiment et qui devisent aimablement.

Shuuit-shuuit, shuuit-shuuit font les essuie-glaces .
Hiiiiiiiiiiiiiiiii… fait la voiture qui dérape et glisse dans le bas-côté.

“Zut, dit l’homme, un pneu crevé”.
Il serre le frein à main, pose le cric et commence à soulever la voiture et crac, le cric s’enfonce, la voiture bascule et tombe dans le fossé…. Notre homme est en dessous .

La voiture pèse plusieurs centaines de kilos. C’est fini pour lui, notre homme va mourir étouffé.

Et l’Amour dans tout ça ?

L’Amour, c’est une petite brunette de 50 kg, qui ne sait pas qu’elle ne peut pas soulever une telle charge… Elle ne sait qu’une chose, elle aime cet homme et elle ne veut pas qu’il meurt .
Alors elle saisit le pare-choc de la voiture, et la voiture se soulève, et son homme arrive à se sortir de là .

La petite brunette finira dans un fauteuil roulant, plusieurs vertèbres complètement écrasées.
Personne ne pourra expliquer comment une telle chose a été possible…

Demandez-le à l’Amour.

trouvé sur le net

Histoire de la Saint Valentin, fête des amoureux


 

La fête de la Saint Valentin est la fête des amoureux ! La Saint Valentin est une fête traditionnelle des pays anglo-saxons mais elle ne connaît un réel développement en France que depuis les années 80.

Comme pour la majorité des fêtes, les origines de la Saint Valentin ne sont par certaines, mais la majorité des historiens s’accorde à penser que cette fête trouve son origine dans la Rome antique. Pour le reste, les avis divergent beaucoup.

Il semble que 3 saints sont à l’origine de la fête de la saint Valentin :

  • L’empereur romain Claude II
  • L’évêque de Terni
  • Valentin de Rhétie

Les seules origines vérifiées de la saint Valentin remontent au moyen-âge .

L’origine romaine de la Saint Valentin :

Les romains fêtaient la fête des Lupercales qui était donnée en l’honneur du dieu des troupeaux et des bergers et qui marquait la fin de l’hiver aux alentours du 15 février.

Trois saints à l’origine de la Saint Valentin :

Les liens entre cette fête et le saint qui lui est associé restent encore très incertains, trois saints Valentins peuvent être à l’origine du nom de la Saint Valentin.

Saint Valentin et l’empereur romain

Pour d’autres, on doit la fête des amoureux à Claude II empereur romain qui fit annuler toutes les fiançailles de l’empire pour éviter que ses soldats soient tentés de rester avec leur fiancée plutôt que de partir à la guerre ! Furieux, un prêtre catholique nommé Valentin décida de marier en secret les amoureux. Il fut découvert et envoyé en prison jusqu’à sa mort.

Saint Valentin évêque de Terni

Pour certains, le martyr saint Valentin qui fût décapité en 269 à Rome a été confondu avec un autre Valentin fêté le 14 février : l’évêque de Terni en Ombrie. Ce saint réputé pour ses dons de guérisseur auprès de jeunes filles et jeunes gens a été lui aussi décapité.

Saint Valentin de Rhétie

Valentin de Rhétie est principalement célébré en Allemagne. Il vécut au Vème siècle et est représenté avec un enfant épileptique étendu à ses pieds.

Les soldes !


Les soldes !!! Faut que je vous raconte… Arrivée à 7h30 tapantes devant le magasin, pour une ouverture prévue à 9h00, déjà, faut être un peu dingue pour faire un truc pareil !

Il pleut, il fait froid, et surtout il fait foule !! Valou et moi ne sommes pas du tout les premières arrivées ! Résultat, on n’est même pas devant la porte d’entrée, il y a déjà deux rangs de personne devant nous…

8h45, la foule nous écrase, piétine… Elle gronde, elle râle… mais les portes ne s’ouvrent toujours pas ! Derrière, entre deux têtes, j’aperçois des vendeuses qui s’affairent, passent en revue une fois encore leurs rayons, et qui nous observent avec un air parfois apeuré, mais souvent amusé !

8h57… L’impatience a pris d’assaut la foule qui nous pousse vers les portes. J’ai entendu une jeune fille crier puis la foule s’est légèrement écartée : la jeune fille était tombée dans les pommes…

9h00 ! Enfin ! Et bien non, les portes ne s’ouvrent pas ! Les vendeuses et nous n’avons pas la même heure … On entend une ambulance arriver. Manifestement, les portes ne s’ouvriront pas tant que l’ambulance sera là.

9h15, ça y est, les portes se sont ouvertes. Heureusement car je n’aurai pas tenu une seconde de plus ! Et dans un rugissement, la foule s’est mise à courir vers le magasin. Emportée par le mouvement, je me retrouve au rayon des petites culottes quand je voulais être à celui des manteaux ! Je me fraye un chemin, j’ai perdu Valou, mais tant pis, on se retrouvera à l’extérieur.

Enfin, j’arrive au bon rayon, je trouve un manteau qui me plait mais je n’ai pas le temps d’étendre ma main vers lui que je le vois s’envoler, une autre a été plus rapide que moi ! Je refais une tentative, et là, je le tiens. Mais une autre main, sublime et manucurée, essaie de se l’approprier… Ah non, je ne me ferai pas avoir une deuxième fois ! Je tire sur la manche, l’autre main aussi… Moralité, en guise de manteau, je tiens une manche toute déchirée…

Là, j’abandonne… Je n’avais déjà pas envie de faire les soldes, mais là, trop c’est trop, sans compter le nombre de fois où l’on m’a marché dessus, bousculé,… Je n’en peux plus ! J’ai besoin d’un bol d’air..

Et là, une voix malicieuse a surgi au fond de moi : et si tu te servais de la magie ?

Ah oui, quelle excellente idée ! Faire de la magie devant des milliers de personnes pour un pauvre manteau qui n’existe déjà plus dans ma taille… Allez je sors !

Un texto à Valou pour la prévenir, et me voilà dehors, au bon air (pollué de la ville), soulagée. Deux heures plus tard, ma petite Valou me retrouve au café d’en face, les bras chargés de sacs, et l’air ravi ! Elle a fait d’excellentes affaires me dit-elle… C’est là que j’aperçois la sublime main manucurée au bout de son bras… Grrr elle ne pouvait pas me laisser mon manteau plutôt que de le déchirer ? Quand je le lui dis, elle ne peut s’empêcher de rire : ah bon, c’était toi ?

Je ne suis pas prête de me relancer dans une telle aventure, je préfère mille fois affronter un dragon fumant, je vous le dis !!

Bien sûr, je reste sur mes gardes, car …


“Bien sûr, je reste sur mes gardes, car …”

Et bien voilà que je ne peux plus écrire maintenant ! J’ai essayé tous les crayons que j’avais à la maison, mais tous étaient vides ! Un truc incroyable ! Je vais finir par croire que j’ai le mauvais œil !!!

Le chat miaule d’un air contrarié tandis qu’Elle secoue ses branches dans tous les sens ! Pardon, j’avais oublié… Il ne faut jamais dire son nom ou l’invoquer sous peine de le voir soit vraiment arriver, soit taper l’incruste, et si on sait quand il arrive, on ne sait pas quand il repart… Purée la poisse !

Non je ne jetterai pas une poignée de sel par-dessus mon épaule gauche : soyons claire, je suis sorcière, pas superstitieuse ! Cela ne rimerait à rien ! Quand je pense que je dois passer la journée dehors, loin de mon petit cocon douillet…

Pourquoi a-t-il fallu que ma meilleure amie veuille faire sa journée shopping aujourd’hui ? Oui, les soldes ont bon dos ! D’autant plus que je n’ai aucune envie d’aller dépenser des sous dans des chiffons que je ne mettrai jamais de toute façon !

La sonnette de la porte retentit, c’est Valou ! Allez, courage, je me jette à l’eau, je lui ouvre et me veux prête à affronter la bataille féroce des soldeuses à tout prix !

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Et toujours le début de l’histoire ICI

Hier a été une drôle de journée


Hier a été vraiment une drôle de journée. Mais heureusement, même si je reste méfiante, je me suis réconciliée avec Lui. Après tout, si ça se trouve, c’est parce que ça fait longtemps qu’il était parti et qu’on a tous les deux un peu de mal à retrouver nos marques que ça se passe si bizarrement entre nous.

Ne dit-on pas d’ailleurs que l’absence avive le véritable amour alors qu’il éteint ce petit feu qu’on croyait si grand ? J’avoue que je suis un peu perdue en ce moment. Je suis remontée dans le grenier, et il ressemblait au grenier d’avant, sans grimoire ni berceau ! Le chat ne m’a pas suivi, préférant se prélasser sous un rayon de soleil dehors.

Je n’ai pas eu le temps d’élucider le parchemin, et aujourd’hui, cela me parait bien compromis ! Tu sais, mon cher journal, la vie d’une sorcière a toujours été délicate pour ne pas dire difficile ! Tatie Muguette a parlé de mon enveloppe corporelle comme si elle s’était effacée avec la révélation de ce que je suis en réalité, mais en fait, je suis toujours dedans ! Cela n’était pas prévu, je devais retrouver tous mes moyens et c’est loin d’être le cas. Je ne sens pas dans mes paumes le pouvoir de la magie, je ne le ressens pas non plus ni dans mes yeux, ni dans mes oreilles, et j’avoue que cela me manque. Et surtout cela me permettrait de savoir qui est l’Homme ? Le dangereux Loup Bleu ou juste un humain tout ce qu’il y a de plus normal ?

D’ailleurs, l’Homme est rentré hier d’humeur maussade, mais heureusement, un bon petit repas à chandelles l’attendait, et puis le chat s’est frotté à ses jambes tout en inspectant son pantalon. Il a fini par se détendre complètement, et j’ai retrouvé Celui que j’aime éperdument, attentionné, rieur, câlin… Une vraie bonne soirée !

Bien sûr, je reste sur mes gardes, car …

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Et toujours le début de l’histoire ICI

C’est celle de… Non ?


C’est celle de… Non ? Ce n’est pas possible ? Comment… Mais… La sonnerie se fait insistante, je n’ai pas d’autre choix que de répondre pour être sûre de ce que je vois.

“Allo ? dis-je d’une voix un peu méfiante,

– Ah quand même, j’ai bien cru que tu ne décrocherais pas, kyttounette ! dit une voix connue et joyeuse

– C’est… c’est bien toi, ma tante ? demandé-je d’une voix hésitante tout en me disant qu’il n’y avait qu’une seule personne à m’appeler ainsi : tante Muguette… celle dont j’ai hérité !

– Oui ! Qui veux-tu que ce soit d’autre ?? répond-elle, amusée. Ce n’est pas parce que je suis morte depuis sept mois que je ne peux pas te parler ! Je crois que tu as trouvé le grimoire ?

– Oui, Tatie ! Je l’ai trouvé dans le grenier, et depuis il m’arrive toutes sortes d’aventures, pas très drôles… Et… Surtout, je me souviens…

– C’est une bonne chose, et si tu te souvenais correctement, tu n’aurais pas dû être surprise par mon appel, c’était convenu que nous restions toujours en contact quoiqu’il arrive… J’aime beaucoup les téléphones portables que les humains ont inventé ! Je crois tout de même que ton enveloppe de mortelle a dû te corrompre un peu plus que je ne l’imaginais… Je viens te renouveler les mises en garde que j’avais proféré il y 707 mois, prends bien soin d’Elle, et de ton familier, ils ont grand besoin de toi, autant qu’ils te protègent. As-tu commencé à chercher d’où venait la menace ? Ah… Attends une seconde, On me parle…

Tu es toujours là ? me demande-t-elle,

– Oui, je t’écoute !

– Je suis chargée de te dire que la toile s’était ouverte il y a peu, que toutes sortes de messagers sont passés de l’autre côté, et qu’ils ne nous sont pas favorables… Tu pourras les reconnaître à leur signe distinctif… crrrzzz… et elle est de couleur… crrezezchh… tu as bien compris ?

– Non, Tatie, la ligne est mauvaise, ça crépite partout… dis-je d’une voix angoissée, peux-tu me répéter le signe distinctif et…”

tut-tuuuut-tut-tuuuut

La ligne est coupée ! Maudit soit ces foutus téléphones jamais fiables quand on en a besoin !! Ainsi donc la toile s’est ouverte. Les choses se compliquent d’heure en heure ! Je sors dehors respirer un peu d’air frais, histoire de me changer les idées. Je m’approche de mon arbre, Elle m’appelle d’ailleurs.

Je pose ma main sur son tronc et j’entends son message aussi distinctement que si Elle était en face de moi. Sa voix est douce et mélodieuse.

“Mariessourire ? Sais-tu ce que ton Homme vient de me faire ? dit-elle d’une voix indignée, il vient de me pisser dessus !”

Quoi ? Il ne pouvait pas lui faire pire outrage… sauf s’il ne sait pas, s’il ne sait rien, si… je me suis trompée… Que donnerai-je pour ne pas avoir trouvé le grimoire et retrouvé la mémoire ! En se soulageant sur elle, Il lui a manifesté son pouvoir sur Elle et cherché à la contraindre par l’humiliation. Si Elle n’avait pas autant de pouvoirs, Elle aurait été obligée de se soumettre, même si Elle m’a juré fidélité par-delà les âges. Il ne faut pas oublier qu’Elle a été son épouse avant d’être ma protectrice quand ils se sont séparés… Si toutefois, je me répète, c’est bien Lui ! Et pour l’instant, tout me porte à y croire. Je vais prendre cela pour un avertissement. Je n’aime pas ce qui se passe avec Lui depuis qu’Il est revenu.

Je n’aime pas du tout ce qui se passe tout court. Le téléphone vibre, c’est un texto de Tatie Muguette :

“tt va bi1, mé rapL pa, danG”. Danger ? Comme si je n’avais pas remarqué !

 

Le début de l’histoire se trouve ICI.

Le vieux parchemin roulé


Alors que je cherche dans l’armoire ce que je pourrais bien mettre comme habits, dans la pile des pulls, je sens un papier roulé sur lui-même… Je l’attrape, et le déroule : c’est un vieux parchemin. Comment a-t-il pu arriver dans mon armoire ? Décidément, je vais de surprise en surprise en ce moment !

Ce qui est encore plus étonnant, c’est que le parchemin est vierge ! Il n’y a rien d’écrit, rien de dessiné, rien de rien ! Ce n’est qu’une vieille feuille de papier… Le mystère s’épaissit… Je me rappelle alors qu’à l’époque des sorcières brûlées sur un bûcher, il était vital que l’on puisse communiquer en laissant le secret entier. Et l’un des moyens utilisés étaient d’écrire avec un jus de citron, et l’on pouvait découvrir ce qui était écrit en passant le papier au-dessus d’une bougie allumée.

Je me demande si la lumière de la lampe de chevet pourrait suffire ? J’allume et au moment où je mets le parchemin au-dessus de la source d’éclairage, j’entends un véritable raffut dans la maison ! Tant pis pour le secret, je replie le parchemin en me promettant de revenir au plus tôt le lire, et le range au même endroit où je l’ai trouvé.

Je mets le premier pull qui me tombe sous la main, un jean’s et je sors voir ce qui se passe. Dans le salon, j’entends le bruit d’une course, des chaises qui tombent, et l’Homme qui râle, qui tempête, qui est littéralement hors de lui ! J’arrive et je vois le désastre : le salon est sens dessus-dessous et l’Homme est face à mon chat qui lui crache dessus et le menace sévèrement d’une bonne leçon, à moins que ce ne soit le contraire ?

Je toussote et Il sursaute, tout surpris ! Il lève les yeux et, à nouveau, je capte un éclat métallique, cette fois un peu grenat, dans ses yeux bleus dorés…

“Mais que se passe-t-il ici ? demandé-je, à la fois agacée et un peu inquiète.

– C’est ton chat, éructe l’Homme, ton foutu chat qui n’a rien trouvé de mieux que venir chiper la brioche sur la table ! C’est un vulgaire voleur, tu l’éduques vraiment très mal, et je vais y remédier, crois-moi !

– Mon chat, un voleur ? Je ne peux pas le croire ! Jamais il n’a fait ça ! Depuis que tu es ici, il a un drôle de comportement, je dois bien l’admettre, dis-je doucement pour apaiser la tension qui L’anime, ce doit juste être une crise de jalousie, c’est un mâle lui aussi ! Et ça fait si longtemps que tu es parti… Ce n’est pas un reproche (quoique, pensé-je), mais il faut lui laisser le temps de s’adapter à toi !

– S’adapter quand il vole la nourriture ? rugit l’Homme, tu plaisantes ou quoi ? Je te préviens, s’il recommence, il aura un bon coup de pied là où je pense, et il ne rentrera pas à la maison !! Crois-moi, là, je suis très très sérieux !

– Ok, ok, message entendu cinq sur cinq, mais crier n’arrangera rien du tout, je pense que ce serait bien que tu lui donnes un peu de temps, et je suis sûre que ça ira bien mieux dans quelques jours. D’ailleurs, j’ai du Féliway, je vais en mettre dans la maison, tu verras, il va se calmer…” lui dis-je calmement, tout en pensant que si je devais choisir, là, à cet instant, ce n’est très certainement pas le chat qui irait dehors…

C’est alors que le chat se met entre l’Homme et moi, la queue fouettant sauvagement l’air. Il est mon familier, et c’est à ce moment que je me rends compte à quel point le mot est juste : fami-lle et lier = lié à la famille, ce qui donne familier…

Je me penche pour le caresser, le chat me donne un coup de tête et se met à ronronner. L’Homme, vexé, sort dehors en claquant la porte. J’ai le choix : ou je sors le rejoindre, ou je monte dans ma chambre lire le parchemin.

Je me décide pour le parchemin quand mon téléphone portable se met à vibrer avant d’entamer une jolie mélodie, mais qui n’est pas celle que j’utilise habituellement. C’est celle de… Non ? Ce n’est pas possible ? Comment… Mais…

Il vous manque le début de l’histoire ? Ce n’est pas grave, vous le trouverez ici !

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