La barque


 

Il gèle et des arbres pâlis de givre clair
Montent au loin, ainsi que des faisceaux de lune ;
Au ciel purifié, aucun nuage ; aucune
Tache sur l’infini silencieux de l’air.

Le fleuve où la lueur des astres se réfracte
Semble dallé d’acier et maçonné d’argent ;
Seule une barque est là, qui veille et qui attend,
Les deux avirons pris dans la glace compacte.

Quel ange ou quel héros les empoignant soudain
Dispersera ce vaste hiver à coups de rames
Et conduira la barque en un pays de flammes
Vers les océans d’or des paradis lointains ?

Ou bien doit-elle attendre à tout jamais son maître,
Prisonnière du froid et du grand minuit blanc,
Tandis que des oiseaux libres et flagellant
Les vents, volent, là-haut, vers les printemps à naître ?

Émile VERHAEREN

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Le chant de l’eau


L’entendez-vous, l’entendez-vous

Le menu flot sur les cailloux ?

Il passe et court et glisse,

Et doucement dédie aux branches,

Qui sur son cours se penchent,

Sa chanson lisse.

Là-bas,

Le petit bois de cornouillers

Où l’on disait que Mélusine

Jadis, sur un tapis de perles fines,

Au clair de lune, en blancs souliers

Dansa ;

Le petit bois de cornouillers

Et tous ses hôtes familiers,

Et les putois et les fouines,

Et les souris et les mulots,

Ecoutent

Loin des sentes et loin des routes

Le bruit de l’eau…

 

Emile Verhaeren

Quel temps fait-il chez moi ?

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