Chiots à vendre !


Un gérant d’une boutique cloua une pancarte au-dessus de sa porte où l’on pouvait lire “Chiots à vendre”.

Bientôt un petit garçon fut attiré par l’annonce, et demanda : “A quel prix vendez-vous ces chiots ?”. Le propriétaire du magasin répondit : “Autour de 30 $ – 50 $”. Le petit garçon chercha dans sa poche et sortit de la monnaie… “J’ai 2,37 $, est-ce que je peux les regarder ?”

Le propriétaire du magasin sourit et siffla. Sa chienne, nommée Lady, courut hors du chenil, vers l’allée de son magasin, suivie par cinq petits chiots. Mais un des petits chiots restait loin derrière…

Immédiatement, le petit garçon choisit le chiot boiteux resté en arrière. Il demanda : “De quoi souffre ce petit chien ?”. L’homme expliqua qu’à sa naissance, le vétérinaire lui avait annoncé que le chiot avait une malformation de la hanche qui le ferait boiter pour le restant de sa vie.

Le petit garçon devint vraiment enthousiaste et dit : “C’est le chiot que je veux acheter.” L’homme répondit : “Non, tu ne peux pas acheter ce petit chien, si tu le veux vraiment, je le donne !”

Le petit garçon devint bouleversé. Il regarda l’homme droit dans les yeux et dit : “Je ne veux pas que vous me le donniez. Il vaut tout autant que les autres chiens, et je vous paierai le plein prix. En fait, je vous donnerai 2,37 $ maintenant et 50 cents chaque mois jusqu’à ce que j’aie fini de le payer.”

L’homme contrecarra : “Tu ne peux pas acheter ce chiot, vraiment ! Il ne sera jamais capable de courir, de sauter, et de jouer. Aime d’autres chiots !”

Alors le petit garçon se baissa, puis il enroula le bas de son pantalon et montra une jambe malade, tordue, estropiée, supportée par une grande tige de métal. Il regarda l’homme et dit : “Je ne cours pas très bien, et le petit chiot aura besoin de quelqu’un qui le comprenne.”

A ce moment, l’homme mordit sa lèvre inférieure. Des larmes lui piquaient les yeux… Il sourit et dit : “Mon garçon, j’espère et je prie pour que chacun de ces chiots ait un propriétaire tel que toi.”

Auteur inconnu

 

Le salaire du bûcheron



En haut d’une piste de montagne, Djeha-Hodja Nasreddin tirait son âne et s’est soudain arrêté. La résonance d’une hache, la voix d’un homme et le tintement de clochettes d’âne lui dit qu’il y avait de la compagnie, dans cet endroit solitaire. Bientôt il se heurta à un groupe de six ânes qui paissaient sur la lande verte. Sur les côtés étaient entassées des piles de bois coupé. Tout près, un homme musclé maniait une hache. Le bûcheron recula rapidement, alors qu’un arbre tombait.
– Bravo, brave bûcheron ! Acclama un second homme maigrichon, assis non loin de là. C’était un bel arbre, assez grand pour réchauffer toute une famille une bonne partie de l’hiver. A l’arbre suivant !
Sans regarder son compagnon confortablement assis, le bûcheron a marché vers un chêne, a pris fermement le manche de sa hache et a commencé à cogner au-dessus des racines de l’arbre. Djeha-Hodja Nasreddin était assis sur son âne, observant ce spectacle étrange – l’homme fort maniant la hache sans dire un mot tandis que l’homme assis ne cessait d’approuver, d’acclamer et de commenter. C’en était trop pour la curiosité de Djeha-Hodja Nasreddin.
– Pourquoi faites-vous tout ce bruit alors que c’est l’autre homme qui fait tout le travail ? Demanda t-il au petit homme.
– Oh ! Je l’aide, répliqua l’homme. Il a consenti à couper trente années de bois pour Hassan Bey. Pensez quel travail pour un seul homme. Je me suis associé à lui. Il manie la hache pendant que je l’encourage.
– Je pense, dit Djeha-Hodja Nasreddin, que ce sont les bras musclés du bûcheron qui lui donnent du courage et pas vos vociférations.
Une semaine plus tard, Djeha-Hodja Nasreddin rencontra de nouveau les deux hommes alors qu’ils discutaient devant le juge.
– J’ai gagné chaque livre moi-même, disait le bûcheron. J’ai coupé trente charges de bois pour Hassan Bey. J’ai chargé le bois sur les ânes et les ai conduits à la maison de Hassan Bey.
– Il a oublié comment je l’ai encouragé, dit le petit homme. J’ai donc gagné une partie de cet argent que Hassan Bey a fait l’erreur de donner entièrement au bûcheron.
Le juge semblait impuissant à trancher, n’ayant jamais rencontré un cas similaire auparavant. Il a été soulagé de voir arriver Djeha-Hodja Nasreddin.
– Je soumets ce cas à mon assistant Djeha-Hodja Nasreddin Effendi, dit le juge. Répétez-lui votre histoire.
Ce qu’ils firent. Djeha-Hodja Nasreddin a écouté, hochant la tête sagement, jusqu’à ce que les deux hommes n’aient plus rien à dire. Alors il a appelé un commerçant d’une boutique voisine.
– Apporte-moi un plateau, lui dit-il
Le plateau apporté, la foule s’approcha pou voir ce qui allait arriver.
– Donnez-moi l’argent que Hassan vous a payé pour les trente charges, dit-il au bûcheron.
– Mais c’est mon argent, plaida le bûcheron. J’ai travaillé dur pour chaque livre alors que cet homme était assis à l’ombre, en proférant des sons étranges.
Sur l’insistance de Djeha-Hodja Nasreddin, à contrecœur, le bûcheron donna sa bourse. Djeha-Hodja Nasreddin a pris les pièces et, une par une, il les a fait tinter sur le plateau. S’adressant à l’homme qui revendiquait sa part, il lui dit :
– Les entendez-vous ? Aimez ce son ? N’est-ce pas un tintement joyeux ?
La dernière livre avait quitté la bourse du bûcheron et fit entendre son tintement sur le plateau.
– As-tu bien entendu ? Dit Djeha-Hodja Nasreddin au petit homme. As-tu entendu chaque livre ?
Le petit homme acquiesça de la tête.
– Alors tu as eu ton salaire, lui notifia Djeha-Hodja Nasreddin. La sonorité de l’argent est la paie appropriée pour la sonorité du travail.
Djeha-Hodja Nasreddin remit alors l’argent au bûcheron en lui disant :
– Et l’argent est la paie appropriée pour le travail.

La taille du gibet


On raconte qu’un maçon construisait un petit pont, ou plutôt une passerelle à peine haute d’un mètre soixante. Il était juché sur son ouvrage, en train de travailler, lorsque vient à passer une jeune femme dont la démarche gracieuse évoquait le pas de la gazelle. Elle était vêtue d’une robe rose, transparente sous les rayons du soleil, qui soulignait délicatement la finesse de sa taille. Le maçon en oublia son travail, et, se retournant pour la suivre des yeux, il perdit l’équilibre, se cassa le cou en tombant et mourut sur place. Son dernier regard fut pour la ravissante apparition.
La femme du maçon qui arriva avec le déjeuner de son mari porta plainte contre la jeune femme à la robe rose. Karakoch jugea la jeune femme et la condamna à être pendue sous le pont même que le maçon était en train de construire.
-Mais ce n’est pas ma faute ! cria la jeune femme, c’est la faute du vendeur qui m’a vendu ce tissu.
-Tu as raison, femme, rentre chez toi ! Et que l’on m’amène le vendeur.
On fit venir le vendeur.
-Homme, nous te condamnons à mort parce que le tissu que tu as vendu a causé la mort du maçon.
-Mais c’est pas ma faute ! C’est la faute de celui qui l’a fabriqué.
-C’est juste. Retourne à ton magasin et que l’on aille chercher celui qui a fabriqué le tissu.
On alla quérir le tisserand.
-Tisserand, tu as causé la mort d’un homme ! Alors prépare-toi à mourir.
-Mais c’est pas ma faute ! Ce tissu est tellement fin qu’il devait être teint en noir et c’est le teinturier qui a choisi de le teindre en rose.
-C’est vrai. Par Dieu ! Que l’on saisisse le teinturier.
Le teinturier se présenta. Il n’avait pas d’excuse et on le tira jusque sous le pont pour le pendre. Mais l’homme était très grand et le pont était si bas qu’il fut impossible de lui passer la corde au cou.
Quand on rendit compte à Karakoch il se mit en colère :
-Mais trouvez-donc un homme qui soit de la taille du gibet, bande d’incapables !
On chercha, on mesura, et le premier homme qui mesurait moins d’un mètre soixante fut conduit sous le pont et fut pendu.
Lorsque sa femme, en pleurs, vint demander pourquoi c’était lui qui avait été choisi, on lui répondit :
-Parce qu’il a la taille du gibet.

Le Samouraï


Un jeune moine se rendait en ville, porteur d’un pli important à remettre en mains propres à son destinataire. Il arrive aux abords de la ville et, pour y pénétrer, doit traverser un pont. Sur ce pont se tenait un Samouraï expert dans l’art du sabre et qui, pour prouver sa force et son invincibilité, avait fait le vœu de provoquer en duel les 100 premiers hommes qui traverseraient ce pont. Il en avait déjà tué 99. Le petit moine était le centième. Le Samouraï lui lança donc un défi. Le moine le supplia de le laisser passer car le pli qu’il portait était d’une grande importance.
– "Je vous promets de revenir me battre avec vous une fois ma mission accomplie."
Le Samouraï accepta, et le jeune moine alla porter sa lettre. Mais avant de retourner sur le pont, il se rendit chez son Maître pour lui faire ses adieux, certain qu’il était perdu.
– " Je dois aller me battre avec un grand Samouraï, lui dit-il, c’est un champion de sabre et moi je n’ai jamais touché une arme de ma vie. Je vais donc être tué…"
– "En effet, lui répondit son Maître, tu vas mourir car il n’y a pour toi aucune chance de victoire, tu n’as donc plus besoin d’avoir peur de la mort. Mais je vais t’enseigner la meilleure façon de mourir : tu brandiras ton sabre au dessus de ta tête, les yeux fermés, et tu attendras. Lorsque tu sentiras un froid sur le sommet de ton crâne, ce sera la mort. A ce moment seulement, tu abattras les bras. C’est tout…"
Le petit moine salua son Maître et se dirigea vers le pont où l’attendait le Samouraï. Ce dernier le remercia d’avoir tenu parole et le pria de se mettre en garde. Le duel commença.
Le moine fit ce que son Maître lui avait recommandé. Tenant son sabre à deux mains, il le leva au dessus de sa tête et attendit sans bouger. Cette attitude surprit le Samouraï car la posture qu’avait prise son adversaire ne reflétait ni la peur ni la crainte. Méfiant, il avança prudemment. Impassible, le petit moine était concentré uniquement sur le sommet de son crâne.
Le Samouraï se dit : "Cet homme est sûrement très fort, il a eu le courage de revenir se battre avec moi, ce n’est certainement pas un amateur."
Le moine toujours absorbé, ne prêtait aucune attention aux mouvements de va-et-vient de son adversaire. Ce dernier commença à avoir peur : "c’est sans aucun doute un très grand guerrier, pensa-t-il, seuls les maîtres de sabre prennent dès le début d’un combat une position d’attaque. Et en plus, lui, il ferme les yeux."
Et le jeune moine attendait toujours le moment où il ressentirait ce fameux froid au sommet de sa tête. Pendant ce temps le Samouraï était complètement désemparé, il n’osait plus attaquer, certain au moindre geste de sa part d’être coupé en deux. Et le jeune moine avait complètement oublié le Samouraï, attentif uniquement à bien appliquer les conseils de son Maître, à mourir dignement.
Ce furent les cris et les pleurs du Samouraï qui le ramenèrent à la réalité :
– "Ne me tuez pas, ayez pitié de moi, je croyais être le roi du sabre, mais je n’avais jamais rencontré un Maître tel que vous. S’il vous plaît, s’il vous plaît, acceptez moi comme disciple, enseignez moi vraiment la Voie du sabre…"

La succession du chef guarani


Un jour, dans un village guarani, le vieux chef vint à mourir et les deux meilleurs guerriers commencèrent à se disputer la succession.
Le premier disait:
-"Je suis le plus fort de tous! Je n’ai jamais eu peur de rien, et je dois être choisi pour ces raisons."
Le second affirmait:
-"Moi aussi je n’ai jamais eu peur, et de plus je sais parler aux oiseaux : c’est moi qui doit être choisi."
Chacun des deux hommes avait ses partisans dans le village,
les discussions devenaient de plus en plus animées, de plus en plus violentes, et le doyen de la tribu décida d’intervenir avant que les deux clans en viennent à sortir les armes.
Le vieil homme fit venir un autre guerrier, celui qui tirait le mieux à l’arc, et lui demanda de décocher deux flèches dans la jungle, le plus loin possible. Puis il se tourna vers les deux prétendants et leur dit:
-"Je désignerai chef celui qui sera le premier à me ramener une de ces flèches."
Les deux hommes disparurent aussitôt en courant dans la jungle, et les villageois restèrent à attendre que la décision se fasse.
Les heures passèrent, et au moment où le soleil disparaissait derrière les arbres, on vit revenir les deux guerriers, ensemble, tenant chacun une des flèches.
Le doyen décida donc, dès le lendemain matin, de leur donner une nouvelle épreuve. Il les emmena au bord de la rivière, là où le courant était le plus fort, le plus tumultueux, et leur dit:
-"Vous avez une heure, jusqu’à ce que le soleil arrive à son zénith, pour pêcher le plus gros poisson possible."
Les deux hommes plongèrent aussitôt sous les yeux des villageois qui les encourageaient en les regardant se débattre dans les flots.
Mais lorsque l’heure se fut écoulée, ils ressortirent ensemble de l’eau, avec des prises qui s’avérèrent parfaitement égales en taille et en poids.
Il était encore une fois impossible de prendre une décision.
Le soir même, le doyen les emmena vers un endroit où poussaient deux énormes orangers.
Il leur dit:
-"Vous avez une heure, jusqu’au coucher du soleil, pour cueillir le plus de fruits possible sans en laisser tomber un seul à terre."
Les deux hommes grimpèrent dans les arbres et commencèrent à cueillir les oranges sous les cris de la foule, jetant les fruits dans de grands paniers posés au pied des arbres.
Le soleil se coucha, les paniers remplis d’oranges furent soigneusement examinés, pour en arriver à la triste conclusion que les paniers pesaient le même poids et contenaient le même nombre de fruits.
Cette fois-ci le doyen s’avoua vaincu :
-"Je n’ai plus d’épreuves à faire passer donc je ne sais toujours pas qui doit être chef."
Les discussions entre les deux clans reprirent dès l’aube, plus vives que jamais, et les couteaux jaillirent soudain des fourreaux.
Mais à cet instant, un vieil homme apparut au milieu de la foule.
Les villageois s’inclinèrent, reconnaissant tout de suite l’incarnation de Tupa l’Esprit du Bien.
L’ange s’adressa d’abord au doyen, le remerciant de ses efforts, mais lui faisant également remarquer qu’il avait oublié ce qui était peut-être la plus importante de épreuves: celle de la sagesse.
Il invita donc les deux prétendants à le suivre dans la jungle pour qu’une décision puisse enfin être prise.
A la suite de l’ange, ils marchèrent des heures durant, ne sachant où ils allaient, jusqu’au moment où Tupa se pencha à terre et ramassa quelque chose. Il se retourna, sa main tendue vers eux, et leur dit:
-"Regarder attentivement le papillon dans ma main, parce que c’est un papillon magique, qui ne peut être vu que par les hommes sages."
Tupa demanda donc au premier guerrier s’il voyait l’insecte:
-"Oui!" dit l’homme.
Tupa se tourna vers le second homme et lui posa la même question.
Le guerrier resta longuement silencieux et finit par répondre:
-"Je ne vois rien."
Tupa sourit et lui dit:
-" Ce sera toi le chef, car il n’y avait effectivement rien à voir dans ma main et tu as eu la sagesse de t’en tenir à la stricte vérité même si elle allait contre toi".
On dit que ce fut l’un des meilleurs chefs que les Guaranis aient jamais connus, avec un règne qui s’avéra long et prospère. Et l’on dit aussi que cet homme si sage était celui qui savait parler aux oiseaux.

Dans le ventre d’une mère


Dans le ventre d’une mère, deux bébé discutent :

– Bébé 1 : Et toi, tu crois à la vie après l’accouchement ?

– Bébé 2 : Bien sûr. C’est évident que la vie après l’accouchement existe. Nous sommes ici pour devenir forts et nous préparer pour ce qui nous attend après.

– Bébé 1: Pffff… tout ça, c’est insensé. Il n’y a rien après l’accouchement ! A quoi ressemblerait une vie hors du ventre ?

– Bébé 2 : Eh bien, il y a beaucoup d’histoires à propos de "l’autre côté"… On dit que, là-bas, il y a beaucoup de lumière, beaucoup de joie et d’émotions, des milliers de choses à vivre… Par exemple, il paraît que là-bas on va manger avec notre bouche.

– Bébé 1 : Mais c’est n’importe quoi ! Nous avons notre cordon ombilical et c’est ça qui nous nourrit. Tout le monde le sait. On ne se nourrit pas par la bouche ! Et, bien sûr, il n’y a jamais eu de revenant de cette autre vie… donc, tout ça, ce sont des histoires de personnes naïves. La vie se termine tout simplement à l’accouchement. C’est comme ça, il faut l’accepter.

– Bébé 2 : Et bien, permet moi de penser autrement. C’est sûr, je ne sais pas exactement à quoi cette vie après l’accouchement va ressembler, et je ne pourrais rien te prouver. Mais j’aime croire que, dans la vie qui vient, nous verrons notre maman et elle prendra soin de nous.

– Bébé 1 : "Maman" ? Tu veux dire que tu crois en "maman" ??? Ah ! Et où se trouve-t-elle ?

– Bébé 2 : Mais partout, tu vois bien ! Elle est partout, autour de nous ! Nous sommes faits d’elle et c’est grâce à elle que nous vivons. Sans elle, nous ne serions pas là.

– Bébé 1 : C’est absurde ! Je n’ai jamais vu aucune maman donc c’est évident qu’elle n’existe pas.

– Bébé 2 : Je ne suis pas d’accord, ça c’est ton point de vue. Car, parfois lorsque tout devient calme, on peut entendre quand elle chante… On peut sentir quand elle caresse notre monde… Je suis certain que notre Vraie vie va commencer après l’accouchement…

La cuillère manquante


Une femme de peau blanche venait de terminer ses courses.
Au comptoir du self, elle acheta un bol de soupe, alla s’installer à une table, y posa son plateau et s’aperçut qu’elle avait oublié de prendre une cuillère.
Elle repartit aussitôt en direction du comptoir.
Revenant à sa place une minute plus tard, elle trouve un homme de peau noire installé devant le bol, trempant sa cuillère dans la soupe. "Quel sans-gêne !, pense-t-elle. Mais, il n’a pas l’air méchant… Ne le brusquons pas !"
"Vous permettez," lui dit-elle en tirant la soupe de son côté. Son interlocuteur ne répond que par un large sourire. Elle commence à manger.
L’homme Noir retire un peu le bol vers lui et le laisse au milieu de la table. A son tour, il plonge sa cuillère et mange, mais avec tant d’amabilité dans le geste et le regard qu’elle le laisse faire, désarmée. Ils mangent à tour de rôle. Elle est décontenancée, son indignation a fait place à la surprise, elle se sent même un peu complice.
La soupe terminée, l’homme Noir se lève, lui fait signe de ne pas bouger, et revient avec une abondante portion de frites qu’il pose au milieu de la table, l’invite à se servir. Elle accepte et ils partagent les frites. Puis il se lève pour prendre congé avec un ample salut de la tête et prononce l’un de ses premiers mots : "merci !" Elle reste un moment pensive et songe à s’en aller.
Elle cherche son sac à mains, qu’elle a accroché au dossier de la chaise. Plus de sac ! Mais alors, cet homme noir n’était qu’un voleur ?
Elle s’apprête à demander qu’on le poursuive, lorsque ses yeux tombent sur un bol de soupe intact et froid, posé sur une table voisine, devant la chaise où est accroché son sac.
Il manquait une cuillère sur le plateau…

Carole Braéckman

L’éléphant qui perdit son œil


L’éléphant se trouvait au bord d’un ruisseau. L’eau coulait, claire et transparente. Il eut envie de boire.
Il se pencha au-dessus de l’eau, trempa sa trompe et… plouf !
« Quoi ! Que ?… mais qu’est-ce que… AAAaaaarrrrggggghh j’ai perdu mon œil ! » s’écria l’éléphant au comble de la panique. Effectivement, son œil droit s’était détaché de son orbite et était tombé au fond du ruisseau.

Le mastodonte chercha à retrouver son précieux globe. Il ne vit rien. Très inquiet, il agita sa trompe dans tous les sens, cherchant à saisir son œil dans le lit du ruisseau. Il remua tant et si bien que l’eau devint trouble. Plus il
agitait sa trompe et plus le sable remontait, compromettant ses chances de retrouver une vue complète.

Soudain, l’éléphant entendit rire à gorge déployée. Furieux, il releva la tête et vit, sur un rocher au bord de l’eau, une petite grenouille verte. Elle riait, elle riait…, la bouche grande ouverte :
– coaAH ! coAH ! coAH ! coAH !…
– Tu trouves ça drôle. J’ai perdu mon œil et ça te fait rire ?!
– Ce qui est drôle, c’est de voir à quel point tu t’agites. Calme-toi, tout ira mieux !

L’éléphant, un peu honteux, suivit le conseil de la grenouille. Il se calma et cessa d’agiter sa trompe.
L’eau redevint calme, peu à peu le sable retomba. Tout au fond du ruisseau, l’éléphant vit son œil, intact. Il le saisit avec sa trompe, le remit dans son orbite, à sa place. Sans oublier de remercier la grenouille verte.

Le combat entre deux loups


Un vieil homme Cherokee apprend la vie à son petit fils.
" Un combat a lieu à l’intérieur de moi, dit-il au garçon. Un combat terrible entre deux loups.
L’un est mauvais :
il est colère, envie, chagrin, regret, avidité, arrogance, apitoiement sur soi-même, culpabilité, ressentiment, infériorité, mensonges, vanité, supériorité et égo.
L’autre est bon :
il est joie, paix, amour, espoir, sérénité, humilité, bonté, bienveillance, empathie, générosité, vérité, compassion et foi.
Le même combat a lieu en toi-même et à l’intérieur de tout le monde."

Le petit-fils réfléchit pendant une minute puis demanda à son grand père :
"Quel sera le loup qui vaincra ?"
Le vieux Cherokee répondit simplement :
" Celui que tu nourris."

auteur anonyme

Le foulard blanc


C’est une histoire vraie : Jean, 20 ans, avait fait une s… immonde à ses parents. Vous savez, la s… dont une famille ne se remet pas, en général.
Alors son père lui dit :
“Jean, fous le camp ! Ne remets plus jamais les pieds à la maison !“
Jean est parti, la mort dans l’âme.

Et puis, quelques semaines plus tard, il se dit : “J’ai été la pire des ordures ! Je vais demander pardon à mon vieux… Oh oui ! Je vais lui dire : pardon.”

Alors, il écrit à son père : “ Papa, je te demande pardon. J’ai été le pire des pourris et des salauds. Mais je t’en prie, papa, peux-tu me pardonner ?
Je ne te mets pas mon adresse sur l’enveloppe, non… Mais simplement, si tu me pardonnes, je t’en prie, mets un foulard blanc sur le pommier qui est devant la maison. Tu sais, la longue allée de pommiers qui conduit à la maison. Sur le dernier pommier, papa, mets un foulard blanc si tu me pardonnes.
Alors je saurai, oui je saurai que je peux revenir à la maison.”

Comme il était mort de peur, il se dit :Je pense que jamais papa ne mettra ce foulard blanc."
Alors, il appelle son ami, son frère, Marc et dit : Je t’en supplie, Marc, viens avec moi. Voilà ce qu’on va faire : je vais conduire jusqu’à 500 mètres de la maison et je te passerai le volant. Je fermerai les yeux. Lentement, tu descendras l’allée bordée de pommiers.
Tu t’arrêteras. Si tu vois le foulard blanc sur le dernier pommier devant la maison, alors je bondirai. Sinon, je garderai les yeux fermés et tu repartiras.
Je ne reviendrai plus jamais à la maison.”
Ainsi dit, ainsi fait.

À 500 mètres de la maison, Jean passe le volant à Marc et ferme les yeux. Lentement, Marc descend l’allée des pommiers. Puis il s’arrête. Et Jean, toujours les yeux fermés, dit : “Marc, mon ami, mon frère, je t’en supplie, est-ce que mon père a mis un foulard blanc dans le pommier devant la maison ?“
Marc lui répond : “Non, il n’y a pas un foulard blanc sur le pommier devant la maison… mais il y en a des centaines sur tous les pommiers qui conduisent à la maison !”

Puissiez-vous, Frères et Soeurs, vous qui avez entendu cette belle histoire du foulard blanc, emporter dans votre coeur des milliers de foulards blancs.

Père Guy Gilbert

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