Quiz aux travaux forcés, variation sur la nouvelle de Dino Buzzati


Dans ce grand pénitencier qui se trouve à la périphérie de la ville, réservé aux condamnés aux travaux forcés, il y a une règle, en apparence humaine, mais en réalité plus que cruelle.

A chacun de nous autres, les condamnés à perpétuité, est accordée l’autorisation de se présenter une seule fois en public et de parler à l’assistance pendant une demi-heure. Le détenu, tiré de sa cellule, est conduit sur un balcon du bâtiment extérieur, où se trouvent la direction et les bureaux. Devant lui s’étend la vaste place de la Trinité et c’est là que se réunit la foule pour écouter. Si à la fin du discours la foule applaudit, le condamné est libéré.

Cela peut paraître une indulgence exceptionnelle. Mais ne l’est pas. D’abord la faculté de s’adresser au public, n’est accordée qu’une seule fois, je veux dire une seule fois dans la vie. En second lieu, si la foule répond « non » – comme c’est presque toujours le cas – la condamnation se trouve en un certain sens confirmée par le peuple lui-même et pèse encore davantage sur l’âme du détenu ; pour qui les jours d’expiation deviennent encore plus sombres et amers, après.

Et puis il y a une autre circonstance qui transforme ce espoir en tourment. Le prisonnier ne sait pas quand cette permission de parler lui sera accordée. La décision est entre les mains du directeur du pénitencier. Il peut arriver que l’homme soit conduit sur le balcon à peine une demi-heure après être arrivé à la prison. Mais il n’est pas exclu qu’on le fasse attendre de longues années. ( ….. )

Les gardiens viennent de m’annoncer que c’est mon tour. Il est deux heures de l’après-midi. Dans deux heures je devrai me présenter devant la foule. Mais je n’ai pas peur. Je sais déjà, mot pour mot, ce qu’il convient que je dise. Je crois bien avoir trouvé la réponse juste au terrible quiz. J’ai médité longtemps : pendant neuf ans, alors vous pensez…. Je ne me fais aucune illusion sur le public, il ne sera pas mieux disposé que celui qui a écouté mes malheureux compagnons.

On ouvre la porte de la cellule, on me fait traverser tout le pénitencier, je monte deux étages, j’entre dans une salle très imposante, je sors sur le balcon. Derrière moi on ferme les volets. Je suis seul devant la foule.

J’ai le coeur qui bat si fort dans ma poitrine que je me dis que tous ceux qui me regardent doivent l’entendre. J’avais beau savoir, j’avais beau attendre, j’avais même beau espérer ce moment-là mais en fait, je n’étais pas vraiment préparé à me sentir jeté en pâture tout entier dans une arène pleine de fauves affamés et alléchés par l’odeur de sang. Et en même temps, ils ont l’air d’être là pour passer le temps.

Je m’éclaircis la voix et leur souhaite bien le bonjour. Mes mains tremblent. Je suis sûr qu’ils le voient, tous autant qu’ils sont. Ils attendent avec indifférence et avidité le moment où la défaillance adviendra.

« Bonjour à vous tous ! Cela faisait longtemps que je vous attendais. Pardon que j’attendais notre rencontre. Mais c’est à peine si j’ai eu le temps de me faire belle comme une mariée !

Je me présente, je suis Arthur, un homme de 37 ans, mais surtout celui dont tous les journaux parlaient il y a 10 ans, vous savez, celui que vous recherchiez dans tous les coins de France alors que j’habitais juste en bas de chez vous, ou juste à côté. Vous me croisiez tous les jours. Vous me vendiez votre pain, votre viande, et tout ce qu’un homme avait besoin. Vous étiez tous unanimes : pour vous, j’étais le bon gars à qui l’on pouvait demander la lune et qui irait la chercher et vous la ramener, et emballée encore !

Et un jour, parce que quelqu’un me ressemblait et sur la foi de témoignages d’hommes sûrs d’eux mais que je n’avais jamais vu auparavant, je suis devenu l’ennemi public numéro 1, celui qu’il fallait jeter dans les enfers !

J’ai été cueilli, selon les propres termes du chef de police que j’aperçois au 2ème rang, et que je salue au passage pour avoir fait ce qu’il croyait être son travail. Cueilli et mis dans ce placard effroyable qu’on appelle communément le bagne.

Alors, oui, je vais vous dire que je suis innocent ! Arrêté sur une ressemblance, embastionné parce que j’étais chez moi, tranquille à lire un livre, mais surtout seul, sans témoin, sans chérie qui aurait pu le confirmer. Pas d’alibi, on a notre homme ! Voilà, ça arrangeait tout le monde. Tout le monde, mais personne ne s’est vraiment demandé : et s’il était réellement innocent ? Et voilà comment une erreur humaine se transforme en une effroyable tragédie.

Savez-vous ce qu’est le bagne ? Je vous souhaite de n’avoir jamais à y goûter, sur le prétexte que quelqu’un vous a vu vous enfuir à toutes jambes après qu’il ait entendu un cri à vous glacer les sangs.

L’injustice est dans ce monde. Le doute ne profite qu’aux violeurs, aux meurtriers, et autres criminels. Mais il ne profite jamais aux hommes sincères et loyaux dont je fais partie. Au fond, peu importe ce que vous pensez. Je sais bien que ce que vous voulez, c’est vous délecter de la misère, de la détresse humaine, comme un chien qui se lèche les babines devant un os à ronger.

Vous n’avez accordé aucune clémence aux autres bagnards. Vous ne vous êtes pas non plus demandé si je pouvais être innocent. C’est facile, on trouve un bouc émissaire, et hop, on le met aux bans de la société et le tour est joué. Et tout le monde est content : l’on peut à nouveau respirer, sortir, bouger sans craindre le moindre petit danger…

J’ai une question à vous poser : depuis que vous m’avez enfermé, y a-t-il eu d’autres viols ? La ville est-elle plus sûre depuis que vous m’avez enfermé dans ce bâtiment où l’on devine avec peine la lumière ? Êtes-vous plus heureux depuis que vous me savez hors d’état de nuire ? Avez-vous eu raison de m’éloigner de la vie quotidienne et sans surprise que je menais chaque jour ?

Cette vie que vous n’aviez jamais soupçonnée et qui ne vous intéressait pas, quand c’était avant ce crime affreux commis sur Marie, ma douce Marie, ma chère et tendre Marie ?

Marie. Celle qui illuminait mon coeur quand elle me rendait la monnaie avec son sourire si chaleureux. Celle qui faisait battre mon coeur quand sa main m’effleurait pour me donner le croissant que j’avais osé lui demander de me vendre. Ma Marie qui ne savait rien de mes tendres tourments.

Comment avez-vous pu croire un seul instant que j’avais pu lui faire tant de mal ?

Pourquoi n’a-t-elle survécu pour vous dire que, non, ce n’était pas moi ? Oh oui, pourquoi ?

J’ai attendu et attendu dans ma cellule qu’on vienne me dire que l’on avait trouvé le véritable criminel et que Marie allait être vengée. Mais vous m’avez emmené dans ce tribunal où a eu lieu ce simulacre d’audience.

Heureux étiez-vous quand le verdict est tombé : COUPABLE ! Mes oreilles ne cesseront jamais d’entendre ce brouhaha d’exaltation que vous avez fait quand ma vie prenait fin.

Et puis vous m’avez enfermé comme un rat que vous me croyez être, un déchet qu’il fallait absolument exclure de la société pour la rendre à nouveau belle et brillante ! »

Une main me touche le bras : il ne me reste que quelques minutes. Je n’ai pas tout dit. Je n’ai pas eu le temps de tout dire, oui, tout ce que j’avais sur le coeur. Je n’ai fait qu’attendre et encore maintenant je ne peux toujours pas me défendre convenablement.

Je me dégage violemment de cette main qui me tient et je m’approche du balcon. Je les regarde tous. Mon regard balaie cette place que je vois pour la dernière fois. Leurs visages sont fermés.

Alors, moi aussi, je ferme les yeux, et d’un geste souple, je passe par-dessus le balcon pour retrouver ma liberté et ma dignité. Et avant d’atteindre le sol pavé, j’entends les applaudissements de la foule.

Trop tard, me dis-je. Puis c’est le choc. Le noir. Le néant. J’en ai fini.

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Atelier n°77 de Ghislaine


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Atelier n°77

Juste avant son départ, ô comme cela me coûte encore de le dire, ta sœur m’avait laissé son petit chat, Madison, à la maison. Elle m’avait dit qu’il était doux et très affectueux, et que je n’aurai aucun souci avec lui. Certes Madison est aujourd’hui tendre et câlin, mais ce qu’elle m’avait caché, c’est qu’il était aussi très méfiant !

Il m’avait fallu du temps pour apprivoiser le minou, pour le mettre en confiance. Il daignait tout juste sortir du dessous du canapé pour aller manger et faire ses besoins. Et ça a duré pendant plus d’un mois. Quand je rentrais, le papier peint du couloir était déchiré. Bon d’accord, il avait fait son temps, mais quand même, je n’avais pas prévu de le changer aussi tôt. Un soir, j’ai même eu la désagréable surprise de trouver une crotte sur le paillasson de l’entrée ! Que de bêtises faites en seulement quelques heures ! Mais dès que je mettais la clé dans la serrure, Madison disparaissait inexorablement sous le canapé…

Mais à présent, tout va beaucoup mieux. Il vient s’asseoir près de moi, l’air un peu interrogateur. Si je regarde la télé, son regard va de la télé à moi, puis de nouveau à la télé : il a l’air de se demander si je ne suis pas un peu bizarre de regarder une boite à images et à son. Parfois, il se roule en boule à côté de moi, pour nous tenir chaud. Ou peut-être parce qu’il a besoin d’un peu de réconfort ? Peut-être ta sœur lui manque-t-elle, à lui aussi ?

Ma vie a changé depuis qu’il est là. Impossible de tricoter tranquille ! Non, la pelote, les aiguilles, tout cela est fort intéressant et il saute sur la laine, sur les mailles… Je crois qu’il pense que je m’amuse moi aussi ! Alors je suis désolée, mais je ne crois pas que je pourrais finir le pull que tu m’as demandé pour Noël, mon fils chéri.

J’aime la présence et la vie que Madison met dans la maison, et dans ma vie aussi. Je me suis habituée à lui, à ses poils qu’il met partout, jusque dans mon lit ! Quel canaillou ! Il sait bien pourtant qu’il n’a pas le droit d’aller dedans, mais comme on dit : quand le chat n’est pas là, les souris dansent !

Tous les jours, je pense à elle quand je regarde son chat. Et je me dis que j’aurais tellement préféré que ce soit elle qui soit là, à mes côtés, à m’embêter avec ses histoires de mandalas, de naturopathe, de… En vrai, elle ne m’embêtait pas, mais j’ai toujours aimé la taquiner avec sa formation de coach en art-thérapie ! Et puis quelle drôle d’idée d’appeler son chat d’un nom de danse ! Elle disait que c’était le chat lui-même qui avait choisi son nom, comment croire une chose pareille ! Enfin, ça c’était avant. Car je vois bien que ce petit chat de 3 kg 650 comprend tout ce que je lui dis. Et quand je suis trop triste, il vient s’allonger près de moi, et pose sa patte sur ma cuisse, l’air de dire que tout ira bien et que ta sœur est bien, là où elle est, et qu’elle nous aime toujours.

Tous les jours, je me dis que grâce à Madison, j’ai encore un petit bout d’elle avec moi. Mon amour pour elle est tout entier dans mon coeur, il ne peut pas disparaître. Jamais ! Six mois qu’elle est partie, pour toujours, vaincue par ce foutu crabe qui a eu sa peau !

Six mois, et c’est encore hier.

Mon coeur de mère n’accepte pas. Il ne peut pas accepter.

J’aurais tellement préféré qu’il me prenne à sa place, qu’elle ne souffre pas, ni qu’elle soit si fatiguée.

J’aurais tellement préféré que ce soit moi.

Mon coeur de mère te dit de prendre soin de toi, mon fils chéri, car je n’ai plus que toi. Et Madison.

Je vous aime tellement.

Je vous aime. Tendrement. Follement.

Inconditionnellement.

Pour toujours

06/11/2018

Journal intime de Mariessourire

Dictée de Pélagie !


Et bien voilà, aujourd’hui, je me lance dans l’épreuve lancée par Pélagie . A l’honneur, du français, du calcul et un peu de culture générale.

Texte tiré du roman d’Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo.

A vous de trouver les fautes qui s’y sont insérées !!!! J’en ai trouvées 9 ?

Le soleil était arrivé au tiers de sa course à peu près, et ses rayons de mai donnaient, chauds et vivifiants, sur ces rochers, qui eux-mêmes semblaient sensibles à sa chaleur ; des milliers de cigales, invisibles dans les bruyères, faisaient entendre leur murmure monotone et continu ; les feuilles des myrtes et des oliviers s’agitaient frissonnantes, et rendaient un bruit presque métallique ; à chaque pas que faisait Edmond sur le granit échauffé, il faisait fuir des lézards qui semblaient des émeraudes ; on voyait bondir au loin, sur les talus inclinés, les chèvres sauvages qui parfois y attirent les chasseurs : en un mot l’île était habitée, vivante, animée, et cependant Edmond s’y sentait seul sous la main de Dieu.

Il éprouvait je ne sais quelle émotion assez semblable à de la crainte : c’était cette défiance du grand jour, qui fait supposer, même dans le désert, que des yeux inquisiteurs sont ouverts sur nous.

Ce sentiment fut si fort, qu’au moment de se mettre à la besogne Edmond s’arrêta, déposa sa pioche, reprit son fusil, gravit une dernière fois le roc le plus élevé de l’île, et de là jeta un vaste regard sur tout ce qui l’entourait.

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Culture générale

Comment s’appelle l’élevage de volailles ? La ferme… Oups, l’aviculture bien entendu !

Du blé, de l’avoine ou du sarrasin, laquelle de ces céréales ne fait pas partie de la famille des graminées ? Le sarrasin, bien que cette plante soit cultivée pour ses graines

– Comment s’appelle le petit de la chèvre ? Le chevreau, la chevrette (quand c’est une « fille ») 

Parmi ces 3 animaux : la vache, la chèvre et la jument – ne fait pas partie de la famille des ruminants ? La jument

– Sauriez-vous retrouver de quel continent proviennent ces aliments ?

     – brocoli : Europe

     – artichaut : Afrique

     – pomme de terre : Amérique

     – fruit à pin : c’est la pigne ? ou l’arbre à pain ? J’ai supposé le dernier : Océanie

     – pomme : Asie

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Calcul

Un apiculteur a 3 ruches qui produisent respectivement 9kgs4, 6kgs4 et 8kgs2. Avec toute sa récolte, combien de pots de 500 grammes pourra-t’il remplir ?

La récolte totale se monte à 9,400 + 6,400 + 8,200 = 24 kgs.

Il faut 2 pots de 500 grammes pour mettre 1 kg de miel dedans. Donc l’apiculteur pourra remplir 24 x 2 = 48 pots de 500 grammes de miel. 

Alors Pélagie ? Suis-je admise ? Sourire
Et si vous avez envie de tenter l’aventure, c’est par ICI

Désir d’histoire n° 87


Vous rappelez-vous cet atelier d’écritures, oui écritures avec un s au vu de tous ces nombreux auteurs, auquel j’aime participer de temps à autre ?

Désir d’histoire… 

Olivia Billington, écrivain de son état, a lancé cette initiative en septembre 2010, et depuis le succès ne s’est pas démenti. Alors oui, je ne suis pas régulière, oui j’aime toujours autant écrire, et oui, je reviens tout doucement sur le blog-espace… Et aujourd’hui, j’avais envie de le faire avec un petit texte, histoire de voir si je savais toujours aligner deux mots… Et c’est parti avec la récolte des mots d’Olivia de ce neuf janvier dernier : fort – comprimé (médicament) – durer – conspiration – soigner – circuler – après – souple – certain(s) – autre – mesure – penser – vieux.

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Message reçu…

Oui message reçu, mon bel épistolaire ! J’ai bien compris que tu ne pourras pas, encore, venir avant la belle saison, que ça ne va pas fort mais que tu penses à moi.

Je voudrais tant être là, pour toi. Te voir traverser cet océan pour mieux te faire soigner, si seul… Quel courage t’a-t-il fallu… Mais même si je ne peux le faire dans la réalité, sache que je te tiens la main, jour après jour, et que j’attendrai toujours ton retour.

Mon coeur soupire après toi comme autant d’étincelles dans un feu de joie, étincelles qui ne s’éteindront jamais. J’aurais voulu que tu m’acceptes dans ton parcours que tu veux faire en solitaire, en vieux loup de mer que tu es.

Ce temps qui me parait si long sans toi n’a pas de saveur, pas d’odeur, pas de couleur… Juste des secondes qui s’égrènent les unes après les autres, dans cette course à la survie que tu mènes, que je mène avec toi.

Quand je pense à tous ces comprimés que tu dois avaler, les uns après les autres, pour combattre cette conspiration contre toi, contre tes cellules, celle d’un cancer que je déteste à un point… que tu ne peux imaginer. Bien sûr que oui, tu peux l’imaginer, tu le vis, tu le détestes autant que tu acceptes de te battre ! Comme je suis fière de toi !

J’aime tout de toi, ton coeur, tes sourires, tes rides, tout absolument tout me plait chez toi ! Tu dois penser que j’exagère, comme d’habitude… Sourire.

Le téléphone sonne, c’est peut-être toi, je reviens vite vite !

Je hais le téléphone, je voudrais qu’il n’existe pas, qu’il n’ait jamais existé, que tu sois là à mes côtés. Tu me dis d’être souple, et que parfois savoir accepter l’inacceptable peut être dans une certaine mesure une source de réconfort, de paix. Mais je ne le peux pas ! Je ne le veux pas…

Je ne vais pas t’envoyer ce mail, mon doux et tendre, mon fier et courageux tatoué, non celui-là je ne vais pas te l’envoyer. A quoi bon faire circuler toutes ces mauvaises ondes, tout ça parce que je ne sais pas entraver mes mots, couper court à mes émotions pour arriver à te donner de la force, du courage pour continuer à te battre.

Bats-toi ! Le traitement va bien finir par te guérir ! Je le veux si fort ! SI FORT !

Mon chéri, je t’ai entendu tout à l’heure, et j’ai compris que tu ne pouvais plus continuer comme ça, que tes cellules ont perdu la guerre, que ça ne pouvait plus durer et j’ai aussi compris que j’ai encore un océan à traverser pour te retrouver. Tu m’as dit toutes ces choses que je rêve encore de t’entendre me dire, toutes ces choses et bien d’autres encore… Tiens le coup mon amour, j’arrive.

  

Elle face à lui


 Une nouvelle moisson de mots est arrivée chez Olivia, et ça faisait longtemps que l’envie me titillait d’écrire avec sa nouvelle récolte mais l’inspiration ne venait pas…

Aujourd’hui, ma muse m’a visité… C’est différent de ce que j’écris d’habitude mais bon… ça a le mérite d’exister ! Les mots récoltés sont écrits en gras.

Bonne lecture !!

Elle est installée sur sa chaise, stylo en main pour imiter sa signature, mais tellement épuisée qu’elle oublie de mettre la virgule après son nom. L’ordre de mobilisation ne vient pas d’elle, mais de lui, et comme d’habitude, il n’est jamais là pour l’administratif !

Elle reste dans sa solitude malgré sa promotion récente. Promotion, tu parles ! Elle avait cru, elle avait espéré qu’il changerait de position, mais il reste perdu dans son égarement, voulant tellement rester dans la tradition tout en étant dans la modernité. Il se voit déjà sur le balcon, adressant son discours de remerciement à ceux qui l’auraient élu, et si pour un peu il bredouille, tant mieux ! Cela sera mis sur le compte de l’émotion ! Elle soupire, car il l’avait chargé, évidemment, de lui préparer son oral… Sa dévotion la perdra ! En réalité, la véritable héroïne, c’est elle ! Elle qui lui fait tout, lui prépare tout, lui donne le chemin à suivre…

Elle n’a qu’une envie, celle d’une jettatura dont la blessure ne serait pas mortelle mais lui ouvrirait les yeux sur l’écran factice de sa vie. Il était devenu amer mais en public, cela ne transparaissait pas, tant il semblait enjoué ! La lutte pour le pouvoir est terrible et ne permet guère d’extravagance.

Dehors, le printemps est déjà là, le cochon grogneur doit copuler dans sa porcherie. Un aboiement se fait entendre quand un cycliste passe trop près du jardin.

Elle se lève, ferme sa fenêtre. Trop de cacophonie. Elle ne veut plus rien entendre du monde du dehors, tant sa lassitude est grande. Prise d’un tremblement inexplicable, elle se retourne pour le voir debout, près d’elle, bien trop près… Il la regarde et la jauge, d’un sourire féroce. Elle bafouille un vague bonjour mais un grésillement la surprend, un talkie-walkie annonce : « Pour Aigle dans la brousse : lapin au terrier, je répète lapin au terrier ». Il répond : « Je sais, je suis dans le terrier » et il lui attrape la main.

« Chérie, je sais que je t’en ai demandé beaucoup ces derniers mois : accepterais-tu de me rendre la liberté ? »

Ce furent les derniers mots qu’elle entendit…

Atelier surprise n° 3 : la disparition du A !


Je vous rappelle la consigne : “Je vous plante le décor : une berge ou une rive, un personnage qui a perdu son animal ou un objet… Mais surtout, la consigne la plus importante : votre texte ne devra pas comporter un seul A !”

Il n’est pas trop tard pour participer :

vous avez jusqu’à ce soir 20h00 heure française !!

Besoin d’infos ? c’est ICI

Installons-nous confortablement, et voyons quelles œuvres ont été inspirées par cet atelier surprise :

 

Colette : De cette rive du fleuve 

Gisèle : Pour une pose

Mandrine : Le Coker 

Mariessourire : le Chouchou

Mijo : Lipogramme au bord de la rivière

Pélagie : Emy et moi, de sortie…

Un petit récap, ça ne fait jamais de mal…


Je vous rappelle la consigne : Je vous plante le décor : une berge ou une rive, un personnage qui a perdu son animal ou un objet… Mais surtout, la consigne la plus importante : votre texte ne devra pas comporter un seul A !

Je précise que ce n’est pas un atelier soumis au vote, mais juste une proposition d’écriture pour se faire plaisir ! L’exercice n’est pas facile, je l’avoue, mais il est plus que réalisable !

C’est un défi que je vous lance !! Saurez-vous le relever ?

Pour ma part, je vous prouverai dès demain que l’on peut écrire quelques lignes sans cette voyelle !!

Ont publié leur proposition : Colette, Mijo et moi, bien entendu…Il ne manque plus que vous.

Au plaisir de vous lire !!

Quelques petites précisions toujours utiles pour les nouveaux comme pour les anciens :

– On s’inscrit en bas de ce billet par un commentaire, à tout moment et ce, jusqu’à lundi 19 décembre 2011, 20h00 heure française.

– On publie sur son blog, WordPress ou non, jusqu’à lundi 19 décembre 2011, 20h00 heure française. Et quand on a publié, on vient donner l’adresse url de son billet ici, en commentaire de ce billet, ou du récap quand il sera fait.

– Si l’on n’a pas de blog, aucun problème, vous m’envoyez par mel votre participation avec votre pseudo (les formats .doc sont acceptés mais pas les versions ultérieures que je ne peux pas lire). Je vous publierai.

– Si vous avez des questions, genre : “Mariessourire ? Quelle est ton adresse e-mail ?” vous pouvez me les poser en cliquant tout en haut de cette page sur “Pour me contacter”, je vous répondrai bien volontiers dans les meilleurs délais possibles (ne pas oublier que je ne suis pas un ordinateur connecté 25 heures par demi-journée sur mon blog, hein ? rires).

Ma turlupinade !


Et bien voilà, non seulement le sort en est jeté, mais en plus on a les résultats !!
Merci, mille mercis à Océanelle pour son idée de génie…
Merci, mille mercis aux participants dont toute la richesse vient de leur différence et qui nous ont emmené explorer une diversité de clés (c’est à peine si une ou deux clés ont été prises deux fois, n’est-ce-pas extraordinaire ?).
Merci, mille mercis aux votants qui nous ont permis de connaître les résultats ! Sourire
Quant à moi, je me retrouve sur le podium avec une médaille de bronze…
Incroyable ! Je ne m’y attendais pas, ayant lu des textes bien meilleurs que les miens !! Merci du fond du coeur !!

Ma Turlupinade

Mon bon Génie, voilà que tu m’offres une porte à ouvrir, et ce grâce à une clé… Et tu m’en donnes le choix, trois fois ce choix !

Laisse-moi donc regarder toutes ces clés, les toucher, les rêver…

En voici une toute lisse, toute dorée, toute douce : ce sera elle mon premier choix !

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La clé des musiques !

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Je m’approche avec plaisir de la porte, reconnaissable entre toutes : le velouté de la porte, son harmonie, et sa douceur m’attire avec force. Je glisse la clé dans la serrure, elle s’y love presque avec tendresse. La porte s’ouvre en un accord merveilleux, doux tintement qui résonne au creux de mes oreilles en un appel à la découverte.

Derrière la porte, une portée en guise d’escalier… Une note, le La, vient m’accueillir et me faire découvrir son univers tel un chef d’orchestre. Ici, une valse de Strauss, là-bas une chanson française ou internationale moderne. Plus loin encore, une sonate, une fugue, ailleurs, une musique plus traditionnelle…La portée virevolte et caracole en accords parfois dissonants, mais peu m’importe. Le tourbillon m’emporte et me ravit. Parfois leur vitesse m’étourdit, tel le vertige que l’on peut ressentir le long d’un sentier de montagne, tout escarpé. Puis elles me posent sur le sol pour mieux m’emmener plus loin.Toutes ces notes, si différentes pourtant sont si ressemblantes dans leur diversité ; et toutes ces différences parlent à mon âme dans un seul langage et me font parcourir une palette incroyable d’émotions. Elles me parlent de la vie, de ses peines comme de ses joies.Puis, le La me ramène à la porte d’entrée, me demandant de ne jamais l’oublier. Le La m’invite au voyage à chaque fois que je le souhaiterai, il me suffira de l’appeler, il sera toujours Là !

Je suis si heureuse que tu m’aies donné cette opportunité, mon bon Génie, que je ne saurais comment te remercier ! 

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Me revoilà à nouveau dans la salle des clés du possible. A nouveau, tu m’offres à choisir une clé. A nouveau, je les caresse toutes, cherchant celle avec laquelle je me sentirai en harmonie. Mon annulaire se met à vibrer, une clé toute petite se dévoile sous tout un trousseau :

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La clé du coffre-fort à bonheur !

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Je cherche sur le mur la porte de ce coffre-fort. C’est qu’elle est bien cachée ! Tout comme l’était cette clé ! Enfin , je la découvre derrière un buisson épineux. La porte semble blindée mais une fois la clé insérée dans la serrure, elle se transforme en un rideau voluptueux, doux comme un carré de chocolat.

Alors que je croyais ce bonheur indestructible, je le découvre fragile et vulnérable.

Alors que je le croyais immense, je me rends compte qu’il est parfois, souvent, fait de choses si petites que l’on ne les voit pas, que je ne voulais pas voir comme étant des étincelles de ce bonheur.

Alors que je le croyais si lointain, je m’aperçois qu’il était si proche de moi qu’il se confondait avec moi… Le bonheur est en moi, le bonheur est moi…

Ah si seulement je l’avais su avant ! Ah si seulement…

Le bonheur me coupe la parole et me demande de profiter de ce moment présent car peu importe ce que je croyais ou ce que j’imaginais. Si le bonheur est à portée de main, il s’apprécie comme un dessert gourmand à la fin d’un festin de roi.

Je voudrais savoir le reconnaître à chaque fois qu’il croisera mon chemin.

Le bonheur chuchote alors à mon oreille que ce sera le cas, qu’il me suffit d’ouvrir grand mon cœur, d’accepter tout ce qui se présente, et d’oublier regrets et remords. Tel est un des secrets que le bonheur m’a appris.

Je sors de cette salle toute émue, le cœur joyeux et tremblant. Je suis si heureuse… Merci mon bon Génie, merci de tout cœur !

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Me voilà de nouveau devant le choix d’une clé, mon dernier choix… Elles sont toutes si attirantes, ces clés, que je voudrais pouvoir les prendre toutes ! Mon bon Génie, j’ai trouvé ! Voici ma dernière clé :

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La clé des possibles !

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La porte qui s’ouvre avec cette clé est changeante : selon l’humeur, selon l’envie, selon les devoirs que l’on a, elle se transforme à volonté ! Quand j’arrive, elle est comme une feuille blanche et le cœur de la clé devient une plume…

Je suis troublée, je m’attendais à quelque chose de plus tangible, de plus concret… Aussitôt, la porte devient de bois ! Je tourne délicatement la clé dans la serrure et la porte s’ouvre dans un grincement éprouvant pour mes nerfs ! J’ai à peine le temps de penser que cela m’est insupportable qu’aussitôt le grincement devient chant du rossignol… Troublant, vraiment !

Devant moi, se trouve un dédale de chemins, tous de couleurs différents.

Je tourne la tête, et les chemins deviennent tableaux de maître, m’invitant au voyage.

Je tourne la tête de l’autre côté, et les chemins deviennent saveurs et parfums.

Une pensée surgit dans ma petite tête et aussitôt je la vois mise en œuvre devant mes yeux. Ce que je pense devient réalité… Ce que je crois devient réalité… Si j’osais, je dirais que tout cela est magique mais je sais bien que ce n’est pas le cas ! Il s’agit de possibles, de tous les possibles qui puissent exister, au-delà de toute imagination.

Je voudrais m’emparer de tout ce que je vois, les mettre au fond de mon cœur pour les garder toujours avec moi. Mais je sais déjà qu’ils sont au fond de moi..

Oui, tout est possible dans la vie, tout devient possible quand on y croit fort, fort, fort !

Je voudrais croire que le mal n’existe pas, mais hélas les épreuves font aussi partie des possibles.

Mais une réalité peut être remplacée par une autre, et si l’épreuve se fait parfois inévitable, il est possible de la surmonter, il est possible de se relever, il est possible de… car la vie n’est que possible !

Le secret de cette salle m’apparaît en lettres dorées : tout est possible, toujours !

Je sors de cette dernière salle, encore éblouie par toutes ces visions, le cœur emballé des possibles qui existent.

Mon bon Génie, tu as fait de moi un être humain heureux au-delà du possible… Demande-moi ce que tu veux, n’hésite pas, car je sais que si tout est possible, tout est encore bien meilleur quand il est offert avec le cœur !

Message de la plus haute importance !


qu’est ce que j’apprends ? qu’est ce que je viens de lire, là, chez Océanelle ??

vous n’êtes pas au courant ? allez voir là : http://oceanelle.wordpress.com/2011/11/27/bonsoir-aux-gribouilleursturlupines/

il faut attendre… les votes manquants !

j’ai juste un ptit message aux gribouilleurs turlupinés qui n’ont pas encore voté :

VOTEZ !!

je veux connaître les résultats !!!!

Allez, un ptit effort, trois textes favoris et hop le tour est joué !! car vous aussi, vous voulez connaître les résultats, non ??

Avoir turlupiné ainsi et être obligée d’attendre…

votez, votez, mais votez donc !!

vous avez jusqu’à ce soir !!

allez, hop, un ptit clic, trois numéros dans un mail, et c’est fait !

JE COMPTE SUR VOUS  !!!!

http://oceanelle.wordpress.com/2011/11/27/bonsoir-aux-gribouilleursturlupines/

Les turlupinades !


Les turlupineurs ont vraiment turlupiné, cette année !! Vous savez ?

Les turlupinades d’Océanelle !!

Les turlupineurs avaient pour mission de choisir trois clés sur tout un trousseau,

et après les avoir nommées, les turlupineurs devaient ouvrir la porte et raconter tout ce qu’ils découvraient derrière cette porte…

Je vous invite à aller lire toutes ces œuvres, toutes aussi différentes et intéressantes que leurs auteurs, et de voter pour vos trois champions !

Bonne lecture et bon vote !!!

oups, j’oubliais : voici le lien qui vous y mènera : http://oceanelle.wordpress.com/2011/11/21/turlupinade-vos-textes/

 

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