Les Siamoises de Belleville (fin)

« Mais ? Que se passe-t-il ? Tu préfères Cora finalement ? Tu aimes la contradiction ? Tu fais ton rebelle ? lui demanda Line, provocatrice et un peu agacée par ce retournement de situation. 

– C’est que… Non, ce n’est pas ça, répondit Edgar sur un ton léger. Non je ne fais pas mon rebelle contradicteur ! Ce sont plutôt les minettes qui sont comme ça ! dit-il avec un clin d’œil complice.  

Ce que je disais à Cora, c’est que j’ai besoin de vous deux ensemble, pas être avec l’une sans l’autre. Vous m’êtes un tout, délicieuses dans vos besoins d’aventures folles.  

Vous êtes pour moi la Vie, avec un V majuscule.  

J’aime ce que vous faites, ce que vous ne faites pas. J’aime quand vous partez dans vos délires et que vous en revenez soucieuses ou heureuses.  

J’aime tout de vous. Et je voudrais être avec vous, vous protéger des mauvaises rencontres, même si je sais que vous êtes fort capables de vous défendre seules.  

Je voudrais vous apporter mon aide quand vous en avez besoin et je voudrais que vous m’apportiez ce petit grain de folie que vous mettez partout où vous passez, que vous m’appreniez à être aussi vivant que vous. En fait, je crois que je me suis mépris… » 

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Cora et Line se regardèrent. Elles se demandaient où Edgar voulait en venir. Elles avaient pourtant été bien claires : il ne pouvait pas avoir les deux sœurs ! Et en quoi  s’était-il  mépris?  Il les aimait, ok !  Compris. C’était acté, alors pourquoi ce grand discours ? Elles s’en étaient irritées presque : allait-il continuer à jouer encore longtemps les perroquets comme ça ? 

 

Un mouvement furtif attira alors l’attention des jumelles. Sur le rebord de la palissade, quelqu’un s’était installé pour mieux assister à la scène. Pire, ce siamois voyeur souriait, toutes canines déployées ! 

C’était Saphir, The Chat of The Quartier, the Caïd, the Big Boss ! Attirer l’attention de ce grand Seigneur pouvait tout aussi bien apporter de grandes satisfactions qu’ annoncer un bien grand malheur. Et là, il était tout bonnement en train de rire silencieusement, se frottant le ventre de la patte, toutes moustaches en bataille ! 

Edgar prit soudain conscience que les minettes n’étaient plus guère attentives à ses propos. Il regarda ce qui les intriguait : « Oh non, pensa-t-il, Saphir ! Lui ici ! Ce n’est pas possible, il va tout faire rater ! C’était déjà bien assez compliqué ainsi… » 

 

Il se redressa, bien décidé à montrer qu’il était un matou digne de ce nom, contrairement à ce chat de basse-cour, ce m’as-tou vu  tout juste bon à picorer les miettes des autres. 

Instantanément Saphir arrêta de rire et le regarda avec intensité et autorité. Il sauta souplement et arriva très vite aux pieds des demoiselles qu’il salua,  une frisette de sourire dans l’œil. Son salut fut apprécié des minettes qui minaudèrent en lui rendant  force d’œillades prometteuses. 

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 Puis il se planta de toute sa hauteur devant Edgar :  

« Chalut ! J’peux savoir pourquoi tu traînes ici ? On t’a jamais dit qu’ici, ch’est chez moi ? 

– Enchanté de même, répondit Edgar. 

– Je vais être sympa avec toi car je suis dans un jour de grande bonté, ajouta Saphir avec un clin d’œil en direction de Line et de Cora. T’as 30 secondes pour déguerpir et j’ferais comme si t’avais jamais existé… 

– Pardonnez-moi, mais il me semble que vous n’étiez pas invité à notre discussion et… 

– Et rien du tout, Matou de rien du tout ! J’ai tout entendu et je peux te dire que ces belles demoiselles en ont assez de voir ton  minois de chat battu ! Il te reste 17 secondes… 16… 15…  » 

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Ignorant totalement Edgar, la sensuelle Line et la douce Cora s’approchèrent de Saphir et l’encadrèrent. De battements de cils en sourires enjôleurs, elles tournèrent le dos à Edgar entraînant avec elles le caïd de la cité.  

 

« Laisse tomber ce débile, minauda Cora : il fait rien que d’jacasser, de pipeauter et de changer d’avis comme de coussinets ! Dis-nous plutôt depuis quand t’es arrivé en ville ! T’avais disparu, on s’inquiétait ! » 

 

Edgar, estomaqué, en perdit tout miaulement. 

Line se retourna, le temps de lui lancer un regard appuyé et moqueur qui en disait long sur ce qu’elle pensait de lui.  Cora lui tourna ostensiblement le dos et sa queue fouetta l’air nerveusement. Saphir jubilait.

Edgar piqua du nez. Son orgueil était brisé. ses rêves aussi. Il n’avait plus qu’à trouver une sortie digne pour préserver son honneur. Saphir ne lui en donna pas même le temps. avant la fin du décompte, il bondit en sa direction pour lui sauter sur le paletot et prouver aux minettes qu’il était fort, beau et qu’il sentait le sable chaud de Belleville.

Edgar  battit en retraite sans demander son reste. Seule consolation pour lui : dans son élan, Saphir ne put éviter un réverbère qui le sonna un bon moment. Les minettes en profitèrent pour jouer les infirmières.

Edgar, philosophe, partit de son côté, cow boy solitaire, en méditant sur la versatilité de la gent féminine et à cette devise que François 1er, fin connaisseur, avait fait graver sur toutes les fenêtres du château de Chenonceau: « Souvent femme varie, fol qui s’y fie ».

 

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6 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. gibulène
    Fév 20, 2016 @ 09:22:11

    une histoire rondement menée Marie ! ce pauvre Edgar, finalement il me fait de la peine 😀

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