Les Siamoises de Belleville (suite…)

Edgar en était là dans ses pensées quand Line dit à sa jumelle :  

« Bon, ok, il nous aime toutes les deux. Et tu l’as chouffé la première, d’accord… 

– Eh oui, toutes les deux. T’as vu le temps que ça lui a pris pour nous le dire ? 

– Ouais… J’sais pas trop c’qu’on peut faire de lui, là ? 

– Ouais… C’est la dèche ! Tiens, ça me fait penser à Gudule, tu t’rappelles de ce marteau ? Ce qu’on a pu rigoler !! Il s’était maqué avec Acacia et Pimprenelle, en même temps, mais elles n’étaient pas au courant… Le foin que ça a fait ! » 

Elles parlaient librement devant Edgar, semblant oublier sa présence. Il se demandait s’il n’était pas en train de devenir fou. Pire que l’enfer… Pire que le plus cauchemardesque des cauchemars, les siamoises de Belleville…  

Son cœur battait sur un rythme fou, saccadé. Edgar n’arrivait pas à rassembler ses idées.  Et elles, après s’être battues, elles papotaient comme si rien ne s’était passé… et surtout comme s’il n’était pas là, comme s’il n’avait pas montré son âme et son cœur à ces demoiselles très loin d’être en détresse. 

Un « boloss» comme elles disaient, voilà ce qu’il était…  

Désespéré, il fit mine de partir mais se ravisant, il se retourna et les regarda comme s’il ne devait plus jamais les voir. 

Aussitôt Line leva la patte en direction d’Edgar qui s’immobilisa. 

« Où tu vas comme ça ? On n’en a pas fini avec toi ! lui dit-elle. 

– Moi ? Où vais-je ? Mais je rentre Miss, j’ai bien compris que vous continuez de vous gausser de ma personne. Allons, soyons sérieux, j’ai eu tort de me confier à vous. Je ne fais que semer pagaille et dispute entre vous. Oubliez donc tout ce que je vous ai dit. Cela est bien mieux ainsi… 

– Non, rétorqua Cora. On n’oublie rien ! 

– Et toi tu restes là ! » rajouta Line un brin mystérieuse.

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Edgar en resta les yeux ronds comme ceux des hiboux, les pattes sciées, le souffle coupé. Mais qu’avaient-elles donc dans la tête ? Voulaient-elles lui faire perdre la tête ? Il se sentait complètement perdu. Ses clignotants internes étaient passés au rouge vif, lui demandant de reprendre le cours des choses de façon normale. Il avait bien eu tort de leur parler à cœur ouvert, s’étant mis dans une position très délicate. Mais il y avait pire encore.

Sa réaction primitive quand Line était venue l’effleurer toute en sensualité l’avait surpris. En temps normal, il aurait sauté sur l’occasion, ne laissant aucune chance à la minette de sortir de ses griffes. Et là, il s’était écarté, gêné par ce qu’elle lui offrait… Que lui arrivait-il ? Pourquoi rien ne se passait comme prévu ?

Les siamoises l’empêchèrent d’aller plus loin dans sa réflexion. Elles avaient la tête de chats comploteurs dans l’ombre, leur tête des mauvais coups. Elles chuchotaient entre elles. Edgar tendit ses oreilles pointues en leur direction mais il ne réussit qu’à entendre des chuintements. Il fallait qu’il parte maintenant, et la tête haute lui !

« Mes beautés, je vois bien que je vous ai contrariées. Je vais vous laisser à présent. Permettez-moi de vous présenter mes hommages et de partir loin de votre vue. Il me semble que c’est la seule option envisageable avant que d’autres paroles malheureuses ne fussent prononcées entre vous et moi…
– Non, chat n’va pas être possible ! lui répondit Line, dans un battement de cils. On a pris une décision, moi et Cora. Et ne reste pas planté là comme un é-chat-las, viens donc ici !
– Permettez-moi de vous opposer un refus, Miss, je n’irais pas plus loin dans votre direction.
– C’est pas c’que t’imagines, on va pas te sauter dessus, m’enfin ! Non, au contraire : nous, on a un code d’honneur : c’est la première qui le voit qui l’a ! On s’est toujours dit qu’on ne sortirait jamais avec le même matou, question de principe entre nous, tu vois ?
– Magnifique ! Serai-je un objet à vos yeux ? Et non un matou, un vrai, un pur, un tatoué ?
– Qu’est-ce que tu jacasses quand tu t’y mets ! Rien à voir ! Allez ramène tes fesses ! Lui dit Cora, avec un sourire enjôleur, tu crains rien là, enfin pas pour le moment… »

à suivre …

Par Maître Renard et Mariessourire Afficher l'image d'origine

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