il a venté, il a fait soleil, il a plu…


il a venté, il a fait soleil, il a plu…
la journée s’est passée comme elle a pu..
il est temps de fermer les paupières
d’oublier cet aujourd’hui devenu hier

un jour nouveau est en préparation
dans la nuit, comme en hibernation
tout redevient possible et faisable
nous autres, en serons-nous capables ?

fermons les yeux et commençons
à dormir, doux rêves en sommeil
comme un appel à un nouveau soleil
fermons les yeux, et oui, rêvons !

Le temps d’un café


 

Rose me prend avec tendresse le bras, m’emmenant vers la cuisine. Elle ressemble à Maman quand elle fait ça. Je me laisse faire avec plaisir. Je me sens tellement las.

« Maman fait sa sieste, tu veux un café ?

– Je veux bien. Ah ça fait du bien de rentrer à la maison !

– Qu’est ce que c’est que cette histoire de biche ? me demande Rose, avec curiosité mais aussi amusement.

– Elle était en train de me regarder quand une biche a traversé la route devant nous. Elle l’a évitée de justesse, mais qu’est-ce qu’elle m’a fait peur !

– C’est pour ça que tu es pâle comme la mort ? Hier, tu avais bien meilleure mine.

– C’est quoi cette histoire d’amnésie ? C’est lié à mon mal de tête ?

– Je crois, oui. Tu es tombé sur la tête, si j’ai bien compris ce qu’a dit le docteur. Du coup, tu as perdu la mémoire des quatre dernières années. Tu veux du sucre ?

– Oui, un morceau, comme d’habitude.

– Non, pas comme d’habitude ! La dernière fois que je t’ai fait du café, tu en as mis deux… »

Rose sourit. Elle est toute de patience avec moi. Deux sucres ? C’est étonnant… Je touille mon café, pendant un long moment, comme à mon habitude, enfin, celle que je me connais.

Tout à l’heure, j’ai eu vraiment peur. Ça m’a rappelé la fois où Sabine a tamponné l’arrière d’un bus à qui elle avait refusé la priorité alors qu’il sortait de son emplacement. Le pare-choc de sa voiture ressemblait à un peigne mal fixé. Elle roulait à 50 km/h mais ça avait suffi pour casser sa voiture, sans compter l’humeur du chauffeur du bus ! Brrr quel mauvais souvenir ! Comme elle, je n’avais eu aucune égratignure, mais quel choc !

Je reprends :

« Les quatre dernières années ? Mais, en quelle année sommes-nous ?

– En 2010. Nous sommes le vendredi 5 Novembre 2010.

– Ce qui signifie que la soirée de Sabine a eu lieu il y a quatre ans… alors que, pour moi, c’est demain qu’elle aura lieu ! Et je ne sais pas ce qui s’y est passé… Tu sais, je ne comprends pas pourquoi elle n’est pas venue me voir.

– Tu te souviens de ça ? demande avec intérêt Rose.

– Je sais juste que je l’ai attendue et que je ne l’ai pas vue. »

Je soupire doucement. je goûte le café, le trouve encore un peu chaud, mais continue à le savourer lentement. Il est bon. Il fait du bien. Sa chaleur passe dans tout mon corps : d’abord le palais, mes joues, mon œsophage et enfin mon estomac. Sa chaleur irradie et me rebooste un peu.

« Je crois que je vais aller me reposer un peu, dis-je à ma sœur préférée.

– Je t’ai préparé la chambre bleue.

– La chambre bleue ? dis-je avec étonnement, mais pourquoi pas la mienne ?

– La tienne est plus grande, nous avons mis deux lits de 90 dedans, pour mes enfants quand nous venons en vacances ici.

– Oh mes neveux ! Comment ai-je fait pour les oublier ? Comment vont-ils ? Sont-ils ici ? »

Rose se met à rire, un vrai rire qui passe des lèvres aux yeux en faisant des étincelles.

« Ils ne sont pas ici, les vacances sont finies. Par contre, ils vont venir passer quelques jours avec nous. Tu vas les trouver changés ! Alexia a 13 ans, toujours blonde aux yeux bleus très clairs, elle est plus grande que moi et a une main littéralement collée à son portable qu’elle ne quitte pour ainsi dire jamais. Théo ressemble de plus en plus à Papa, comme lui, il est brun aux yeux gris, et bronze dès le moindre rayon de soleil. Il m’arrive aux épaules maintenant. Lui, ce n’est pas un portable qu’il a perpétuellement dans sa main, mais sa console nintendo DS et son MP4.

– 13 et 9 ans ! Comme ils ont grandi dis donc ! Euh… Rosinette, j’ai perdu la mémoire mais tout de même je sais bien que ta fille est aussi blonde que son frère est brun !! »

Je ne peux m’empêcher de rire, mais, en même temps, je me sens dépassé. Quatre ans, c’est long. J’ai peur de ne pas retrouver ce que j’ai perdu. C’est comme si j’avais un puzzle devant moi, que je voulais le reconstituer, et qu’il me manquait des pièces que je ne trouve pas, malgré tous mes efforts.

Je me lève, pose ma tasse dans l’évier et me dirige vers la porte de la cuisine, tout en disant à ma sœur qu’il fallait absolument que je me repose. Tous ces évènements m’ont fatigué bien plus que je n’aurai pu l’imaginer.

Le brouillard est tout autour de moi. Oui, pour moi, l’amnésie, c’est ce brouillard qui m’entoure. Il m’a semblé qu’il se déchirait un peu lors de l’incident de la biche, mais qu’il reste dense ! Si dense…

Déclarations d’amour


Je vous aime, vous… pour l’amour de Dieu, parce que vous êtes mon prochain, parce que vous êtes l’un de mes proches. Sans l’amour de Dieu, je ne vous aimerais pas, vous ne m’êtes pas sympathique.

Je vous aime, vous… parce que vous êtes bon, parce que vous êtes sage, parce que vous agissez bien…, parce que… parce que… parce que…

Je vous aime, vous… parce que vous êtes malheureux. Si vous ne l’étiez pas, je ne songerais pas à vous, et quand vous ne le serez plus, je vous oublierai.

Je vous aime, vous… parce que vous pensez où je pense, voulez où je veux, aimez où j’aime et qu’il y a entre nous deux cette merveilleuse harmonie.

Je vous aime, vous… parce que ça me fait plaisir.

Et vous, je vous ai aimé, vous seul, parce que je ne pouvais pas m’en empêcher malgré le mal que vous aimer m’a fait. Je vous ai aimé sans voir, sans savoir, sans vouloir, sans pouvoir…

Marie Noël

Atelier surprise n° 2, le récap


 

“Attention Mesdames et Messieurs, dans un instant, ça va commencer…”

Mais qu’est ce qui va commencer ? Je ne sais pas encore, car….

C’est vous qui allez m’emmener … au théâtre ? au cinéma ? devant la télé ?

où vous voulez !

Je vous rappelle le thème de votre atelier surprise : vous allez me raconter un instant de vie entre deux personnages, réels ou fictifs, animal, végétal, humain, que sais-je ! Tout vous est permis….

Un moment-clé de leur histoire, d’amour ? d’amitié ? une rencontre ? ou autre chose ? C’est à vous de décider !

Etonnez-moi ! Embarquez-moi ! Je veux vivre cet instant comme si j’étais l’un des personnages, comme si j’étais spectatrice de cet évènement, comme si… peu m’importe, ce que je veux : c’est vivre ce moment unique comme vous aurez envie de me le faire vivre !

 

Qui m’a emmené dans son instant de vie ?

Olympe, dans "Une rencontre" (2 histoires)

Mijo, dans "La belle et la bête"

JazzyJazz, dans "Confidences"

Marie-Ange, dans "La boite à biscottes – la boite à discordes"

 

Si j’ai oublié de passer dans votre théâtre, si je n’ai pas vu votre instant de vie, il n’est pas trop tard pour me le signaler ! Dites-le moi tout simplement en bas de ce billet, je ferai le nécessaire !

Demain, dans la soirée, ce sera le moment de promulguer le nom du gagnant… Bonne chance à toutes ! Bon spectacle aux autres !

A demain !

Citation du jour : Du temps !


Le temps file, le temps n’attend personne. Le temps guérit toutes les blessures. Tous autant que nous sommes nous voulons plus de temps. Du temps pour se relever, du temps pour grandir, du temps pour lâcher prise. Du temps.

Grey’s Anatomy, Meredith Grey

Tu n’iras pas…


dédicacé à Majeur

Une femme pourrait oublier le jour

Où elle a enfanté, un jour, toujours…

Mais le seul et possible vrai secours

Vient encore et toujours de l’Amour


Tu as levé les yeux, et tes pieds posés

Sur l’unique, éternel, infaillible rocher

Tu t’es autorisé à pouvoir enfin respirer

Le doute, cet horrible enfer, s’est évaporé


Alors, le temps de cet infini bonheur

Qui vient quand il veut, à son heure

Oui, ce temps-là est un doux moment

Qui voudrait aussi durer tout le temps

 

Tu n’iras pas errer, de mal en urgence

Comme un besoin de vraie présence

Tu t’es posé et a enfin pris soin de toi

Qu’importent où se posent tes pas

Les derniers kilomètres


Capucine le regarde d’un œil professionnel et attentif. Nathan vient de devenir un peu plus blanc que la normale. Elle lui propose d’ouvrir la fenêtre mais il refuse tout en s’enfonçant davantage dans son fauteuil. Elle lui propose de s’arrêter un instant et de prendre l’air, de se dégourdir, mais Nathan ne veut pas davantage sortir du véhicule. Alors elle lui rappelle qu’elle aimerait mieux qu’il vomisse dehors plutôt que dedans l’ambulance. Cela fait sourire l’homme abattu qu’elle a devant elle. Il finit par avouer qu’il a encore mal à la tête mais pas du tout de nausée et qu’on peut continuer la route.

Nathan a l’air de ruminer dans son coin et la conversation se fait difficile avec lui. Alors que Capucine aurait aimé le connaître davantage, il préfère regarder la route.

« Attention !! Devant !!» crie Nathan.

Reportant son attention sur la route, Capucine aperçoit alors une biche qui traverse la route devant elle. Elle n’a que le temps de braquer vers la droite, et de freiner en toute urgence. Capucine et Nathan sont projetés vers le pare-brise. Seule, leur ceinture de sécurité les empêche de percuter la vitre. La biche apeurée jette un œil vers la conductrice, donne un dernier coup de rein juste au moment où la voiture arrive sur elle. Sa patte évite de quelques millimètres l’aile avant gauche de la voiture. Capucine relâche la pression sur la pédale de frein. Nathan part aussitôt en arrière, comme une poupée qui ne peut pas se tenir, sa tête venant frapper le repose-tête.

Capucine s’arrête quelques mètre plus loin. Soulagée, elle soupire et se retourne vers son passager, livide.

« Il faut regarder la route, devant vous, quand vous conduisez !! lui dit-il, encore sous le coup de l’émotion.

– Vous avez raison. Cela dit, je ne roulais qu’à 70 km/h au lieu des 90 ici, et heureusement, sinon je n’aurais pas pu éviter la biche. Vous voulez sortir un peu ? Marcher ? répond-elle, d’une voix rassurante. Je suis désolée de vous avoir fait peur.

– Je vous l’avais dit : je n’aime pas être conduit ! Je savais bien qu’il fallait que je prenne le volant ! »

Nathan la regarde avec colère, reprenant peu à peu ses esprits. Ses yeux fulminent mais son regard change soudainement. On peut lire à présent de la stupeur, de la perplexité et comme un immense effort de réflexion.

Capucine met ça sur le compte de la frayeur rétrospective. Le corps de Nathan se détend progressivement, même si un pli sur son front reste, preuve de la concentration dont il fait preuve. Il se renfonce dans le fauteuil et lâche :

« C’est bon ? Vous vous sentez mieux ? On peut repartir ? Et regardez devant vous, cette fois !» d’un ton qui se voudrait énervé mais qui traduit plutôt une lassitude certaine. Il ferme les yeux, comme épuisé.

Capucine passe la première et démarre en douceur, comme à son habitude. Evidemment, il a fallu qu’une biche traverse devant eux au moment où elle le regardait. Evidemment, il a fallu que ce soit encore avec Nathan. Mais enfin !! Que se passe-t-il chez elle pour faire preuve d’autant d’inattention ?? se dit-elle, agacée, sentant sa culpabilité à nouveau revenir avec force.

Nathan se tait. Il se mure dans un silence profond. Ne serait que sa respiration rapide qui le trahit, on pourrait croire qu’il s’est endormi. Les derniers kilomètres se font ainsi, dans le silence. Capucine respecte cela. Elle sait bien que les patients, surtout les amnésiques, ont des moments de repliement sur soi-même.

Enfin, ils arrivent à Boutteville. Son GPS lui indique le chemin jusqu’à la maison. Le portail de la maison est ouvert. Capucine entre et roule doucement sur les gravillons qui annoncent, comme une sonnette mélodieuse, leur arrivée. Nathan ouvre les yeux et esquisse un sourire. Il se redresse, défait sa ceinture bien que l’ambulance ne soit pas encore à l’arrêt. Capucine fait le tour du rond-point, matérialisé par un cercle de verdure sur lequel des rosiers voient leurs dernières roses se faner et tomber, maculant le vert d’un rose passé.

Enfin, Capucine s’arrête devant la porte d’entrée. Nathan ouvre sa portière, met un pied par-terre, puis le deuxième, enfin s’extirpe du véhicule. Il referme la portière avec douceur, ce qu’apprécie Capucine. Puis il s’étire comme un grand fauve qu’on aurait enfermé des heures durant dans une minuscule cage. Capucine ne peut s’empêcher de sourire. Elle attrape son sac, se met à sa hauteur et se dirige vers la sonnette quand la porte s’ouvre.

Une femme ouvre la porte, sourire aux lèvres, s’essuyant les mains dans un torchon. Il s’agit de sa sœur, il n’y a aucun doute là-dessus : ils ont un véritable air de famille. Certes, elle parait un peu plus âgée que Nathan, mais elle a le même sourire que lui, les mêmes yeux gris. Et si Nathan est brun, elle est châtain clair.

« Bonjour, je vous ramène votre frère ! » dit Capucine en tendant la main vers Rose.

Rose lui tend la main avec chaleur mais tout son corps reste tendu vers Nathan. Son regard se charge d’inquiétude, mais Nathan lui offre deux bises claquantes sur chacune de ses joues. Il se tourne vers Capucine, lui prend son sac des mains et lui dit, avec gentillesse :

« Merci de m’avoir ramené entier, sain et sauf, Mademoiselle ! Je vous dis bon retour, sans biche ce coup-ci ! »

Rose marque l’étonnement avec le sourcil droit relevé mais ne dit rien.

« Je vous dis à mardi ? répond Capucine.

– A mardi ? Et pourquoi donc ?

– C’est moi qui viens vous chercher pour votre consultation avec le Docteur Marc Fontaine.

– Ah bon ? Je ne savais pas, dit Nathan un peu étonné. Et pourquoi donc ? Je n’ai pas besoin d’un médecin, je vous remercie !

– Vous avez une légère amnésie suite à votre accident, et vous allez voir le docteur en consultation pour cette amnésie. Votre sœur est au courant, n’est ce pas Madame ? »

Rose acquiesce et dit à son frère qu’il ne s’inquiète pas s’il ne se rappelle de rien, qu’elle se charge d’être sa mémoire le temps que la sienne lui revienne, et que d’aller voir ce docteur pourrait sûrement l’aider à la recouvrer plus vite.

Capucine serre la main de Nathan, puis celle de Rose avec les mots de salut qui conviennent. Puis elle remonte dans son ambulance, éteint les gyrophares bleus et démarre, non sans un dernier regard vers le frère et la sœur qui entrent à l’intérieur de la maison.

Résumé de Nathan, Capucine et les autre dans “Ne lui dis jamais que…”


Pour ceux qui sont perdus dans l’histoire :

Au début de cette histoire, nous étions mercredi 3 Novembre au soir : Nathan, victime d’une profonde tristesse, sort d’un bar où il a bu bière sur bière. Il a écrit une lettre à sa soeur, lettre qu’il a rangée dans la poche de son jean’s. Il traverse la route sans regarder.

Capucine, au volant de son ambulance, ne peut l’éviter. Nathan tombe sur la tête et perd la mémoire des quatre dernières années. Après deux nuits passées en observation, le Docteur Marc Fontaine (cousin de Capucine) l’autorise à rentrer chez lui et lui demande de venir le consulter deux fois par semaine.

Rose, la soeur de Nathan, est venue le voir dès qu’elle a été prévenue de son accident par les gendarmes. Elle s’est organisée pour pouvoir rester quelques temps dans la maison familiale, à une bonne demi-heure de route de l’hôpital. Elle est allée chercher sa mère, Alice, qui vit dans une maison de retraite à quelques kilomètres de là, afin qu’elle passe une semaine de vacances avec eux. Elles ont mangé ensemble. Alice est partie faire la sieste dans sa chambre pendant que Rose faisait la vaisselle, en attendant l’arrivée de Nathan.

Nous sommes vendredi 5 Novembre, c’est le début de l’après-midi. Nathan est en route dans le taxi-ambulance vers la maison familiale. Capucine est son chauffeur.

Le chant de l’eau


L’entendez-vous, l’entendez-vous

Le menu flot sur les cailloux ?

Il passe et court et glisse,

Et doucement dédie aux branches,

Qui sur son cours se penchent,

Sa chanson lisse.

Là-bas,

Le petit bois de cornouillers

Où l’on disait que Mélusine

Jadis, sur un tapis de perles fines,

Au clair de lune, en blancs souliers

Dansa ;

Le petit bois de cornouillers

Et tous ses hôtes familiers,

Et les putois et les fouines,

Et les souris et les mulots,

Ecoutent

Loin des sentes et loin des routes

Le bruit de l’eau…

 

Emile Verhaeren

Citation du jour : Khalil Gibran, homme et femme


 

“Lorsque la main d’un homme effleure la main d’une femme, tous deux touchent à l’éternité.”

Khalil Gibran

Source : Khalil Gibran – Citations de Khalil Gibran – Dicocitations ™

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