Le Rêve…


Partir au bout du monde parce que j’en ai envie et être rentrée à l’heure à la maison ce soir, ça, ce serait le rêve, se dit-elle. Mais qui pourrait m’offrir ce rêve là ?

Avoir la pelouse du jardin toujours verte et toujours bien tondue sans rien avoir à faire, entendre le chant du lapin et le cri du roseau, ça aussi, ce serait le rêve. Mais avec qui partager ce rêve là ?

Sentir le soleil sur ma peau sans jamais rougir, sentir les embruns salés soulever mes cheveux et les garder brillant et doux au toucher, ça, ce serait vraiment le rêve. Mais pour qui vivre ce rêve là ?

– Pour moi !

– Pour qui ? Mais qui est là ?

– Moi… Je suis là… Je suis celui qui t’emmènerait sur la lune si tu me le demandais…

– Vraiment ? Sur la lune… voilà un bien beau rêve : aller sur la lune et regarder le soleil se lever sur la terre, la voir s’illuminer le temps d’un tour complet, puis revenir sur terre pour voir le soleil se coucher sur l’océan. Quel magnifique rêve que celui que tu viens de m’offrir !

– J’en ai d’autres, j’en ai tout plein d’autres. Il te suffit de demander.

– M’envoler dans les airs et me poser sur un nuage, courir sans toucher terre et me poser sur des pétales de roses… Voir la neige tomber et le soleil briller à travers chaque flocon…

– C’est tout ce que tu peux me demander ?

– M’asseoir et fermer les yeux, plonger dans la terre et la sentir vivre, pleurer, gronder, s’épanouir, sentir chaque molécule de la terre au bout de mes doigts, et me sentir en osmose avec le monde… Avoir le pouvoir sur le temps, revenir en arrière pour ôter les blessures, ralentir les secondes pour savourer l’instant du bonheur, faire fleurir des sourires sur tous les visages que je rencontrerai et voir la colombe se reposer près du lion.

– Que d’idéalisme dans tes rêves ! mais j’aime… J’aime !!

– Tu aimes mes rêves, mais les réaliseras-tu ?

– T’ai-je dit que je les réaliserai ?

– Alors, pourquoi me demandes-tu mes rêves ? Si tu ne peux pas les réaliser, ça ne sert à rien de rêver… dit-elle, tristement.

– Tu veux partager tes rêves, tu veux les offrir, et je suis celui qui veut partager tous tes rêves avec toi. Je suis celui qui veut te donner l’envie encore et toujours de rêver. Parce que rêver, c’est déjà faire un pas pour accomplir ses rêves, c’est encore et toujours se relever pour avancer.

– Mais ? Qui es-tu vraiment ?

– Je suis Toi.

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Un fou sous le manteau


"Il n’est pas si fou qu’on le croit. Tu sais, on dit que chacun de nous porte un fou sous son manteau. Il n’est pas méchant, il ne fait de mal à personne." Fabienne JACOB

 

Il n’est pas si fou, c’est toi qui le dis, mais il fait des choses bizarres, tu admettras ? Des choses pas normales…
Oh, je sens que tu vas me ressortir ton superbe couplet sur « normalité-anormalité, où est la limite ? tout est culturel etc ». Eh bien, je te dis : non, tout n’est pas culturel !! Et la limite existe, quelque soit l’endroit où on la met. Ce serait trop facile de dire que « ce qui est normal chez les uns serait anormal chez les autres » est une règle qui mérite des exceptions. Qui peut se retrouver dans une telle affirmation ?
Et tu rajoutes que tu portes et que je porte un fou sous mon manteau !! Je voudrais bien voir ça !! Pour toi, bon, je ne ferai pas de commentaires, parce qu’il semble évident au prime abord que tu as comme qui dirait un petit grain de folie ! Et c’est pour ça que je t’aime. Mais moi ? J’ai des règles de vie, des règles morales, des règles pour toute chose de la vie pour que chaque chose soit faite comme il faut qu’elle soit faite, et non pas à l’envers.
Je me souviens qu’une fois, tu m’as dit : « le désordre, c’est la vie »… Laisse-moi rire ! Dans le désordre, les poules ne retrouvent pas leurs petits ! Il est donc évident que l’ordre fait partie du domaine naturel, et non le désordre. D’ailleurs, ce que tu m’agaces quand tu ne refermes pas le bouchon de la bouteille d’eau !
Un fou sous le manteau… Tu crois qu’on a tous un manteau qu’on met jour et nuit ? Eté comme hiver ? Ah, je vois… Encore une de tes métaphores… Ce serait tellement plus simple si tu disais les choses telles qu’elles sont plutôt qu’inventer des sortes d’images qui ne veulent rien dire ! Admettons cette histoire du manteau… J’ai beau chercher, je ne vois pas le fou qui se cache sous le mien.
Comment ? Ma manie de vérifier trois fois tous les soirs si la porte d’entrée est bien fermée ? M’enfin, chéri, tu ne voudrais pas qu’un de tes fous sorti de dessous d’un manteau, détraqué par une pulsion subite, vienne nous trucider à minuit passé pendant que nous dormons ?
Et celle de vérifier le gaz ? Ce n’est pas une manie, c’est une sûreté. Le gaz n’a pas d’odeur et tue plus sûrement qu’un assassin pris d’une incroyable envie de venir dans notre maison par une nuit sans lune !
Mais tu changes de sujet là ! Tu parles de mes soi-disant manies alors que je te parlais du fou qui se cache sous les manteaux des gens. Maintenant que j’y pense, il va falloir que je fasse attention. C’est vrai, ça, qu’est ce qui se cache encore sous les manteaux ?
Ton ami sans doute, ton fol ami qui n’a rien trouvé de mieux que de frapper à notre porte pour venir nous raconter ses malheurs alors qu’il en est lui-même la cause. Tout de même, c’est incroyable qu’il ait eu seulement l’idée de venir chez nous.
Déjà que la gardienne d’immeuble nous a à l’œil depuis que les gendarmes sont passés prendre ta déposition pour le vol de ton porte-documents dans la voiture. D’ailleurs, pourquoi avais-tu laissé la voiture ouverte ? Tu ne trouves pas que c’est un peu fou, ça, de laisser la porte ouverte ? Ah si ça ne tenait qu’à moi…
Oui, ton ami. Tu l’as trouvé sous quel manteau déjà ? Un bien poussiéreux ? Un tout neuf jamais servi ou au contraire trop usé pour servir à autre chose qu’un fou ?
Tiens, tu me donneras ton manteau, que je le mette au pressing, sait-on jamais… Oui, celui que tu mets en ce moment, cette espèce d’imper beige très clair à la colombo, je suis sûre qu’il est tout sale ! Brrr faut que je me lave les mains, là, tout de suite ! Attends-moi ! Et ne ris pas s’il te plait !
Tu sais bien que la saleté me répugne ! Et puis j’aimerai vraiment pouvoir terminer cette conversation puisque, pour une fois, j’ai la chance de te parler et que tu me répondes au lieu de faire un monologue comme d’habitude.
Bon, ton petit fou-là, rassure-moi, tu ne vas pas le ramener à la maison, n’est ce pas ? Tu le laisses à l’hôpital comme les autres, d’accord ? Parce que je ne veux pas le voir ! Il n’a pas l’air engageant, emmitouflé dans sa combinaison blanche, les yeux cachés par d’horribles lunettes rondes !
Ah, il va falloir que je te laisse, l’infirmière arrive, c’est l’heure de mes petits cachets roses, ceux que tu m’as prescrit pour voir la vie en rose ! Je te dis à demain ?

Pour vous !


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Rescapé et sauveteuse, leur dialogue


Lundi, 9h32 :
Cher ami rescapé,
Ne regrettez rien, ne regrettez plus. Les mots nous ont rapproché car ils vous ont plu tout comme ils m’ont plu. Je ne peux que saluer votre courage et votre détermination, car sans eux, aucun mot n’aurait pu être posé. L’amour, l’amour… Oui, j’ai fait naître l’amour entre votre personnage et le mien, parce que cela rendait la vie plus belle, plus vivable.
Qui aurait pu me croire si j’avais dit la vérité ? Un violent orage, le torrent en crue, moi qui habitais là, et vous qui deviez passer le pont qui s’est écroulé devant vous, et puis tous ces jours passés seuls, juste vous et moi ?
Qui aurait pu vous croire si je n’avais pas dit la vérité ? Le terrain qui dévale en fleuve de boue, le portail ouvert et une lanterne allumée pour guider celui perdu dans les intempéries ?
Et puis, de vous à moi, je dois bien avouer… Tout cela me flatte encore que les gens du village croient qu’entre le rescapé et moi, il y ait eu romance !

 

Lundi, 10h13 :
Chère amie sauveteuse,
Pour tout vous dire, cela me flatte aussi… Tout autant que cela m’étonne ! Vos chers villageois vous connaissent depuis si longtemps, comment peuvent-ils seulement imaginer que tout cela n’était pas vrai ?
Et puis, ces mots si charmants que vous me faites dire, les vôtres encore plus doux en réponse aux miens virtuels… Cela a touché mon cœur bien plus que je ne saurai le dire !

 

Lundi, 14h47
Cher ami rescapé,
C’est émouvant, c’est sûr (sourire), mais cela a réellement existé dans cette histoire. Seulement, voyez-vous, ce n’est pas notre histoire, c’est juste une belle histoire comme celle qu’on raconte à la veillée, celle qu’on enjolive à chaque fois de détails nouveaux pour faire croustiller la mémoire des plus jeunes et faire rêver les anciens.
Ces mots-là, ces tous petits mots-là, sont des mots que vous et moi avons prononcé dans cette histoire. Ne démentez pas surtout ! Peut-être y laisseriez-vous un peu de votre prestige ! Il vaut mieux perdre un peu de son image que de son prestige, non ?

 

Lundi, 17h09
Cher ami sauveteuse,
Vous voulez me faire entendre raison. Mais le cœur a-t-il des oreilles qui entendent la raison ?
Soupir.
Je ne peux me rendre à la réalité, je préfère encore plonger au creux de l’histoire, et lui trouver une belle fin.

 

Mardi, 0h24
Mon ami, très cher ami rescapé,
Quelle fin proposeriez-vous ?
Quelque chose d’aussi romantique que Roméo et Juliette ?
Pardonnez-moi, mais je préfère encore en finir avec cette histoire plutôt que de mourir !
Je suis encore si jeune, j’ai toute la vie devant moi, celle de mes arrière-petits enfants qui me regardent avec des yeux émerveillés quand je raconte le courage du rescapé, et de la délicieuse histoire qui me fait rougir (oh si peu)

 

Mardi, 0h30
Ma douce amie, ma si belle amie qui a encore et toujours raison,
La fin est déjà dans vos mots, la fin est inscrite dans l’histoire dès son premier mot.
Parce que, si tout a un commencement, tout a aussi une fin.
Douce nuit à vous,
Votre rescapé à jamais

Samouraï !


Dans l’amour, il y a tant de choses : de la joie, des larmes, de la peine, des déchirures, de la découverte, du raccommodage, et encore bien d’autres choses.

Dans l’amour, il y a autant de souffrance que de plénitude, autant de peines que de frissons de bonheur.

Dans samouraï, il y a amour et tout de suite après aïe…

Un samouraï, c’est donc un guerrier de l’amour, un guerrier de la vie de tous les jours, un homme ou une femme prêt à tous les combats pour l’être aimé, un guerrier qui veut connaître les affres du bonheur, un guerrier qui ne baisse pas les bras devant la félicité.

Parce que, oui, ça fait mal d’aimer, ça transporte, ça embellit, ça noircit, ça fait rougir, ça fait pleurer, ça rend la vie plus vivante.

Et tout de suite après, ça fait « aïe »… Soupir. Nous aimerions tous n’avoir que l’amour sans le aïe, oui, jamais de aïe, c’est ce que nous nous souhaitons chaque année le 1er janvier.

Ce « aïe » peut être silencieux, rentré à l’intérieur, un fardeau qui plombe les épaules et fait courber le dos. Ce « aïe » là est terrible… Qui peut résister à ce aïe, volcan en ébullition ? aïe qui nous emmène au bout de tout, au bout de nous-même, au bout de la vie parfois aussi.

Le « aïe d’amour » est le plus compliqué, parce qu’il laisse toujours des traces qu’on voudrait effacer, des cicatrices à peine voilées, et beaucoup, beaucoup de larmes versées.

Et puis il y a le « aïe, mais ça fait mal ! », un aïe qui révolte, un aïe qui nous emmène plus loin, au-delà de nos limites, un aïe qui nous fait réagir et nous fait nous relever parce qu’il nous a rendu plus fort.

Ce aïe là, c’est peut-être celui du samouraï, celui qui nous fait franchir les obstacles, non pas tous en même temps, nous sommes humains, tout de même ! Non, un obstacle après l’autre, à notre rythme, plus ou moins lentement. Et ce aïe là nous redonne confiance en nous, nous fait nous estimer, nous donne de l’amour. Oui, vraiment, je pense que ce aïe là est celui du samouraï.

Finalement, nous sommes tous des samouraïs… Et vous savez quoi ? Aïe ! Je vais vous souhaiter un peu de « Aïe » dans votre vie !

une belle après-midi


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Espérance


D’une raison de croire, l’espérance surgit

Lumière pénétrant chaque recoin de la nuit

Un appel à vivre un jour nouveau sans cesse

Dès aujourd’hui, avec tant de tendresse

 

Espérance, joie et paix, voilà une vraie promesse

Rien de bien compliqué mais quelle tristesse

De ne pas être entendu, de ne pas être aimé

Une main tendue avec, dessus, un cœur désarmé

 

L’espérance a toujours surgi pour un nouveau jour

Petite veilleuse allumée qui brille à toute heure

Avec courage, persévérance et beaucoup d’amour

Et qui ne veut qu’une chose : rien que ton bonheur

je cherche


eh bien voilà, c’est l’heure de la balade, la balade des gens heureux…

une balade au fil de l’eau ? que nenni, celle-ci s’est juste invitée, là comme ça, en passant… sur mon chemin

et je cherche un homme, une femme, une famille, des amis…une souris…

et je regarde le soleil qui rougeoie (ah non, même pas, le ciel est blanc, chargé de nuages et de pluie oui !!!) et le ciel qui bleueoit (hm hm et on insiste en plus ????)

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je cherche, je cherche un homme, une femme, des ados… rien ! personne !!

je cherche un animal, une fleur, quelque chose de vivant, non pas une fleur, car je veux un échange…

ooooooh toi !! te voilà toi ! magnifique, tu es magnifique !! comme tu es belle…

tu prends la pose ? s’il te plait … pour que j’étrenne mon nouvel appareil-photo…

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n’est-elle pas merveilleuse ?

son compagnon, timide, n’a pas osé se mettre en valeur, mais si on cherche bien, si on cherche du marron (mais oui, c’est bien ça !!!)…

allez, hop, en route, car je cherche, je cherche un homme, une femme, des ados, des enfants, des êtres humains quoi !!!

et aussi une souris…

suis-je seul sur cette terre ?

oh ??

mais qu’aperçois-je ? des gens !!!

hélas, la rivière nous sépare, le vent m’empêche de leur parler… ce sera peut-être pour la prochaine fois ?

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bon allez, je vois bien que ma quête est inutile…

soupir…

très long soupir…

sourire ?

il ne me reste plus qu’une chose à faire :

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c’est la mer qui prend l’homme


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C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme

Moi, la mer, elle m’a pris, c’était un jour sans pluie, sans verre de rhum

Elle a emporté mon cœur à l’horizon, vers l’infini, pour un devenir lointain

Je n’ai plus jamais voulu autre chose que vivre avec elle mes lendemains

 

C’est pas l’homme qui prend la mer, car la mer vous transporte en des lieux

Qu’on ne peut imaginer, dans la solitude, les vents salés sous de brillants cieux

Elle nous ramène à notre place, à notre essentiel, il faut encore savoir se battre

Pour revenir sur la terre, une île perdue au milieu du bleu intense à abattre

 

C’est la mer qui prend l’homme comme au temps des souvenirs heureux

Ceux qu’on emmène avec soi, dans son cœur, qu’on découvre tant chérir

Ces souvenirs qui nous font vivre puis une lame passe, encore un enjeu

Survivre pour encore se souvenir, survivre pour pouvoir encore sourire

 

Alors mes amis, je suis si fier de vous quand sur la terre, vous savez rester

Mais, même si je suis bien avec vous, je ne peux m’empêcher de repartir

La mer m’appelle et m’appelle encore, venez me rejoindre et me chahuter

Oui encore un adieu, un autre souvenir, pour que je puisse un jour vous revenir

 

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Ma langue est ligotée…


Ma langue est ligotée…
Comment faire ? Tous ces mots qui se bousculent, qui viennent frapper à ma langue et que je ne peux dire… Ces mots qui m’évoquent des odeurs, des couleurs, une ambiance…
Comment font les autres ? Comment choisir un mot plutôt qu’un autre ?
L’envie vient mais les mots restent bloqués dans ma gorge, nul air pour les expulser au-dehors, vers ceux avec qui je voudrais tant communiquer mes ressentis ?
Mais les autres sont des étrangers… Ils ne peuvent comprendre… Je ne veux pas qu’on me parle, je voudrais hurler ces mots qui m’étouffent !!!
Ces mots, des tous petits mots, des mots si sensibles à un regard, une expression… Alors je m’enfouis à l’intérieur de mon cœur, et je me balance, je me balance…sans fin, sans but, juste un balancement pour me calmer pendant que d’autres me parlent et essaient de me rassurer.
Surtout qu’ils ne me touchent pas !
Surtout qu’ils arrêtent de parler ! Silence !!!

 

Je suis terrifiée par la puissance des mots, oui leur puissance : un mot en amène un autre, puis un autre… mais ils me font peur tous ces mots. Pas moyen de les mettre dans l’ordre, pas moyen de comprendre l’ordre dans lesquels ils expriment des choses que je ne comprends pas.
Je connais la peur, je connais le plaisir, je connais l’indifférence, pardon la différence. Je suis différent parce que je ne peux pas m’exprimer, je suis comme un bègue dévoré du désir de parler. Oui, c’est ça, dévoré par les mots. Dévoré, mangé, et sans la possibilité de les mettre dehors. Allez-vous en, mots vilains, mots affreux qui ne veulent que mon malheur !
Si je savais parler, si je savais dire comme eux savent dire…tous les mots qui leur passent par la tête, par la langue, par le cœur aussi
Comment font-ils ? Tous ceux là qui ont des mots plein la bouche, plein leurs stylos, tout le temps, mais tout le temps… Comment font-ils ? Je voudrais dire que je les envie, mais ce n’est pas vrai. Je ne les envie pas, je les admire, autant que je les déteste.
Pourquoi peuvent-ils jouer avec les mots quand moi je ne peux rien dire, rien écrire ? Pourquoi tant d’injustice ? Ont-ils seulement conscience de ce don qu’ils ont ?
Les mots m’en veulent sans doute, je n’ai pas le mode d’emploi, d’ailleurs il faut savoir lire les mots du mode d’emploi que d’autres ont su écrire. Les mots de la vie me sont inconnus, pourtant en moi résonne le souffle de la vie. Pourquoi suis-je si différent ?

 

« Mot, viens à moi ! N’aie pas peur de moi : ose t’affranchir de la différence, viens m’enrichir de ce que je n’ai pas ! De ce que je n’ai jamais eu ! Viens à moi !! »

 

Hélas, toujours rien, le silence des mots bloqués, des mots qui buggent sans arrêt, des mots trancheurs qui coupent la respiration autant que la communication. Ne restent que les mots qui tuent, les mots dont personne ne veut, des mots qui ne servent à rien.
J’ai peur, j’ai tellement peur dans ce monde étrange où rien ne me ressemble, où tout n’est que mots. Parfois, l’angoisse est si grande que je cours, je cours loin, loin, loin… jusqu’à la mer ! Là, je me jette dans le sable et je me laisse bercer par les vagues. Les mots sont loin ici.
Oui, ici, pas besoin d’eux ! Les oiseaux chantent mais ne disent mot, les poissons nagent mais ne disent mot, les algues flottent mais ne disent mot. Et moi j’ai le droit de ne dire mot…
Les mots… Ne serait ce qu’une seule fois dans ma vie, je voudrais dire ce que je ressens à qui je veux, juste une seule fois. Mais les autres, ces étrangers, viennent et me parlent et changent mes habitudes, et oublient de me laisser du temps. Je ne veux pas qu’on dise les mots à ma place !! Je veux y arriver… J’y arriverai…
Ou pas ? Si, c’est sûr, un jour, j’y arriverai, parce que je ne suis pas si différent que ça de ces étrangers incompréhensibles… Ce n’est pas parce qu’on est autiste qu’on ne peut pas dire des mots. C’est parce qu’on est autiste qu’on peut dire des mots différents, si on nous laisse le temps et si on nous y encourage.
Ce jour-là, mes mots seront là, et seront bien à moi, et je pourrais les lancer vers le monde, et je serai reconnu.

Quel temps fait-il chez moi ?

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